CERCLE DE L'EPARGNE, DE LA RETRAITE ET DE LA PREVOYANCE

Le Cercle des Epargne, de la retraite et de la prévoyance est un centre d'études et d'information indépendant qui a pour objet de réaliser des études et d'informer les épargnants sur toutes les questions relatives à l'épargne, la retraite et la prévoyance

Il bénéfice de l'appui et de l'expertise d'un Conseil scientifique et du soutien d'AG2R La Mondiale

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vendredi 28 mars 2008

Etude 2008 sur les Français et la Retraite

Cette enquête souligne l’inquiétude des Français pour l’avenir de leur retraite et tend à analyser leurs comportements et leurs attentes afin d’améliorer leur situation au moment de la cessation d’activités.

Ainsi, 61 % des Français se déclarent inquiets contre 26 % de confiants. La retraite apparaît aux yeux des Français toujours aussi opaque ; en 2008, 72 % des Français déclarent ne pas avoir une vision claire de leurs futurs revenus (seulement 23% ayant une vision claire) ; en 2006, ils étaient respectivement 77 et 23 %.

En revanche, une maturité des Français face à la question de l’allongement de la durée de cotisation se dégage. Les Français prennent conscience du caractère incontournable de l’allongement de la durée de cotisation pour financer le régime des retraites. Ils sont 62 % à juger nécessaire l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans d’ici 2012. Ils sont 61 % à le juger acceptable et 59 % inévitable. Ils sont encore 50 % à juger le passage à 41,5 ans d’ici 2020 nécessaire et acceptable et ils sont 53 % à penser qu’il est inévitable.

Les Français se prononcent pourtant à 63 % pour le maintien de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans quoi qu’il arrive. Il y a, de ce fait, une nette déconnexion entre la nécessité d’allonger la durée des carrières et la fixation de l’âge légal de départ à la retraite. L’allongement de la durée de cotisation est inévitable mais l’âge légal de départ à 60 ans demeure un acquis social intouchable. 52 % des Français ne souhaitent pas travailler au-delà de 60 ans ; seulement 42 % y sont favorables.

Les Français interpellent les entreprises tant sur la question de l’emploi des seniors que sur l’épargne retraite collective. Les Français considèrent qu’en moyenne les entreprises ne sont disposées à conserver leurs salariés que jusqu’à 56 ans. Seulement 10 % d’entre eux considèrent que les entreprises sont prêtes à garder leurs salariés au-delà de 60 ans.

Néanmoins, les Français misent sur les entreprises pour répondre à leur inquiétude face à la retraite. Favorables au développement d’un système de retraite mixte reposant tout à la fois sur la répartition et la capitalisation, 52 % en 2008, (néanmoins en légère baisse par rapport à 2007 60 %), les Français souhaitent que le Gouvernement adopte des mesures renforçant l’épargne retraite collective au sein de l’entreprise (47 %) contre 26 % qui souhaitent l’adoption de dispositifs incitatifs en faveur de l’épargne retraite individuelle. L’avenir du régime des retraites passe pour les Français par le développement par les entreprises de systèmes d’épargne retraite collective (29 %) ou par la souscription de produits d’épargne individuels (25 %) loin devant l’augmentation des cotisations (18 %) ou la baisse des pensions (2 %).

Les Français entre cigales et fourmis : un nombre croissant de Français déclare épargner à titre individuel pour leur retraite, 54 % contre 49 % en 2007. Mais le fait d’épargner n’est pas un gage de confiance pour sa retraite. Seulement 28 % des épargnants déclarent être confiants. Parmi ceux qui n’épargnent pas, 56 % pensent le faire à moyen terme soit une chute de 11 points en deux ans.

Dans les bonnes pratiques pour préparer sa retraite, les Français privilégient l’acquisition de la résidence principale (43 %) et la constitution d’une épargne (26 %) loin devant le fait de progresser au niveau professionnel (19 %) ou de cotiser plus longtemps (18 %).

La France championne de l’épargne à court terme : les Français privilégient toujours les comptes sur livrets (livret A, CODEVI…) à 69 %, l’assurance vie 60 %, loin devant le PEA, les actions et les obligations, 19 % et le PERP qui obtient 15 % des suffrages.

Le PERP est en attente de relance. La notoriété du PERP continue de baisser d’une année sur l’autre ; seulement 30 % des Français non retraités déclarent connaître ce produit. Ils étaient 42 % en 2006. Seulement 7 % des Français non retraités déclarent vouloir dans l’année qui vient souscrire un PERP contre 9 % en 2007.

Le Cercle des Epargnants

Le Cercle des Epargnants, Centre d’Études et d’Information sur l’Épargne et la Retraite compte plus de 200 000 adhérents. Le Cercle est une association qui intervient comme Groupement d’Epargne Retraite Populaire. Il s’est doté en 2004 d’un Observatoire sur l’Epargne et la Retraite animé par Jérôme Jaffré, directeur du CECOP ainsi que d’un Conseil scientifique composé de Florence Legros, économiste et rectrice de l’Académie de Dijon, Jean-Paul Fitoussi, Président de l’OFCE, Jean-Pierre Thomas, associé-gérant à la Banque Lazard, Robert Baconnier, Président de l’Association nationale des sociétés par actions, Jacques Barthélémy, avocat en droit du travail, François Héran, directeur de l’Ined, Jérôme Jaffré, directeur général du CECOP et Jean-Marie Colombani, ancien directeur du journal « Le Monde ». Le Cercle est, depuis 2006, présidé par Jean-Pierre Gaillard, journaliste économique à LCI et à France Info.

Pour plus d'information, aller sur le site du Cercle

Contact presse : Olivia Penichou Tel : 06 07 08 91 47

Contact Cercle des Epargnants : Philippe Crevel Tel : 01 58 38 65 37

*L’enquête a été conduite auprès d’un échantillon national représentatif de 1004 personnes âgées de 18 ans et plus constitué d’après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Espérance ...

L’espérance de vie poursuit sa hausse. Elle est de 77,6 ans pour les hommes et de 84,5 ans pour les femmes en progrès de 4 mois par rapport à 2006. Depuis la canicule de 2003, l’espérance de vie a tendance à progresser plus rapidement. La meilleure prise en compte de la population âgée expliquerait cette situation. Le nombre de décès a atteint 516 000. Ce faible chiffre s’explique par l’arrivée à des âges avancés des classes creuses de l’entre deux guerres. L’indicateur de fécondité atteint 1,96 en légère baisse par rapport à celui de 2006, 1,98. Le nombre de naissances s’est élevé à 783 000 contre 797 000 en 2006. L’arrivée du premier enfant est de plus en plus retardé ; il intervient à 29,9 ans pour la femme. Cet âge était de 26,5 ans en 1977. De ce fait, en prenant en compte cette évolution, l’indice de fécondité se situe par génération autour de 2 permettant le renouvèlement des générations.

Cette évolution de la démographie a pour conséquences une augmentation du nombre de centenaires. En 1900, il y avait une petite centaine de personnes de plus de cent ans en France. En 1990, ils étaient 3 760. Actuellement, ils sont plus de 20 000. Selon l’INED, ils pourraient être 60 300 en 20

mercredi 5 mars 2008

En finir avec l'hypocrisie des retraites

Avec le Rendez-vous 2008 sur les retraites, les partenaires sociaux et les pouvoirs publics devront adopter plusieurs mesures visant à rééquilibrer les régimes de retraite. Le rapport du Conseil d’Orientation des Retraites du mois de novembre 2007 ainsi que celui du Gouvernement du 31 décembre 2007 ont placé au cœur du débat l’allongement de la durée de cotisation, 41 à l’horizon 2012 et 41,5 ans à l’horizon 2020.

L’allongement de la durée de cotisation qui depuis 1993 et la réforme Balladur est la principale mesure d’ajustement avec la désindexation des pensions par rapport aux salaires ne saurait masquer les autres questions à résoudre : recul de l’âge légal de départ à la retraite, pouvoir d’achat des futurs retraités, travail des seniors…


Pour Xavier Bertrand, Ministre des Relations sociales et de la solidarité, « cela ne sert à rien de parler de l’âge légal de départ à la retraite ». Il a cent fois raison du moins au regard de l’opinion majoritaire des Français qui considèrent comme un droit acquis, intangible, la barrière des 60 ans. Il a cent fois raison au regard de la situation des plus de 50 ans qui sont de plus en plus exclus du marché du travail.

Ne rien faire est donc la solution qui s’impose mais cette fatalité est doublement coupable et hypocrite.

Hypocrite car les Français entrent de plus en plus tard sur le marché du travail et de ce fait ils devront travailler bien au delà de soixante ans pour obtenir une retraite à taux plein. Hypocrite car à défaut de modifier le comportement des employeurs, le montant des retraites et celui de la prise en charge par l’Etat ou l’UNEDIC sont condamnés d’augmenter.

La France est un des derniers pays à ne pas avoir modifié son âge légal de départ à la retraite au sein de l’OCDE. Les Etats-Unis, l’Islande et la Norvège ont fixé un âge de départ à 67 ans. L’Allemagne, le Royaume-Uni et le Danemark entendent le reculer à plus de 65 ans qui est l’âge moyen de départ à la retraite.

Reculer l’âge légal de départ à la retraite ne doit pas être perçu comme une mesure anti-sociale. Elle contribue à améliorer la viabilité financière des régimes de retraite et à réduire les incitations au départ à la retraite.

Par ailleurs, ce recul se justifie au nom d’une solidarité intergénérationnelle. L’allongement de la durée de vie entraîne celui de la durée de la retraite. En 1914, une personne de 65 ans avait une espérance de vie de 10 ans, aujourd’hui, cette même espérance atteint plus de 22 ans.

Si la durée de la retraite a été multipliée par deux en moins de cinquante ans, c’est aussi que nous arrêtons de plus en plus tôt de travailler. Dès 58 ans, plus de la moitié des salariés ont cessé toute activité. Seulement 37 % des salariés âgés de 55 à 65 ans travaillent ce qui représente un des taux les plus faibles de l’OCDE.

A cette réduction de la vie active par le haut s’ajoute celle liée à l’entrée de plus en plus tardive des jeunes sur le marché du travail. Ils commencent à travailler en moyenne à 22 ans alors qu’en 1936, plus de la moitié des jeunes hommes de 13 ans travaillaient. Depuis la seconde guerre mondiale, du fait de ce double mouvement, la vie active a été réduite de plus de 8 ans.

L’arrivée tardive sur le marché du travail obligera de toute façon de plus en plus de Français à travailler au-delà de la barre fatidique des 60 ans. En commençant à 24 ans, le départ à la retraite est programmé pour 64 ans et prochainement 65 voire 66 ans. Cette frontière des 60 ans est devenue un chiffon de papier que les Français vénèrent faute de pouvoir en profiter. Elle est pourtant contreproductive. Elle joue le rôle de couperet. Elle incite les entreprises à réduire le poids des salariés de plus de 50 ans et encourage les salariés à se préparer à sortir du milieu professionnel à partir de 55 ans. Son recul permettrait de lancer un message fort tant aux entreprises qu’aux salariés. Il ne s’agirait pas de obligatoirement de mettre un terme à la retraite à 60 ans mais de signifier que l’âge normal de départ à la retraite serait de 65 ans ce qui correspond à la moyenne européenne.

En passant de 60 à 65 ans, les salariés français seraient toujours gagnants en durée de vie en retraite sur le demi dernier siècle. Ce recul ne peut être acceptable que si les entreprises jouent le jeu de l’emploi des seniors. Il faut aussi que soit mis fin à la retraite guillotine. En France, la majorité des salariés prennent leur retraite dans les deux mois qui suivent leur soixantième anniversaire, le temps de peaufiner leur dossier auprès de la Caisse national d’assurance vieillesse. Les salariés français sont d’autant plus incités à partir tôt qu’ils ont peur d’un changement de la législation qui leur serait défavorable. Par ailleurs, le discours récurrent des dernières décennies a été culpabilisateur à l’encontre de ceux qui restaient. En effet, il était répété qu’il fallait laisser la place aux jeunes. Or, cette antienne s’est révélée fausse ; elle a surtout privé l’économie française de l’expérience et des compétences de nombreuses classes d’âge de salariés. Un rapide benchmark démontre que ce sont les pays qui ont eu le moins recours aux préretraites qui ont obtenu les meilleurs résultats en matière de chômage et d’emploi des jeunes.

Il n’est donc pas surprenant que les Français souhaitent prendre au plus tôt leur retraite comme le souligne une étude de l’INSEE. 57% des 50-64 ans encore en activité veulent ainsi « prendre leur retraite le plus rapidement possible ». Par rapport à leurs collègues européens, les Français sont un peu plus pressés de prendre leur retraite : 57% d’entre eux veulent s’arrêter de travailler contre une moyenne de 46 % observée dans les 11 pays européens où l’enquête a été menée en 2004. Dans l’ensemble, « la proportion de personnes exprimant ce souhait est croissante du nord au sud », de 30 % aux Pays-Bas à 67 % en Espagne, la Suisse faisant exception (30 %).

Quand les Français sont interrogés sur les raisons de cette soif de retraite, ils mettent en avant que « leur état de santé est plus dégradé que celle des autres". Le second argument est l’insatisfaction face au travail. Les salariés français âgés considèrent qu’ils ne sont pas assez impliqués dans la bonne marche de leur entreprise. Non pas tant qu’ils trouvent leur travail pénible physiquement ou stressant, mais plutôt qu’ils estiment moins souvent que leurs voisins recevoir « la reconnaissance qu’ils méritent », un salaire « correct » ou de « bonnes perspectives d’avancement ».


Au-delà des souhaits des salariés, depuis de longues années, les pouvoirs publics ont développé une politique de sortie anticipée du marché du travail. Malgré la volonté des derniers gouvernements, les mauvaises habitudes persistent. Les départs avant 60 ans restent importants. Fin 2006, 700 000 Français bénéficient d’une préretraite, d’une dispense de recherche d’emploi ou d’une retraite anticipée. En outre, ce chiffre ne prend pas en compte les préretraites financées par les employeurs. Néanmoins, les entrées en préretraite publique ont été divisées par trois depuis 2001 et concernent désormais 15 000 personnes par an.

Par ailleurs, il y a 460 000 chômeurs qui sont dispensés de recherche d’emploi et le flux d’entrées reste soutenu (160 000 par an).

Le dispositif de départ anticipé instauré par la loi Fillon pour les salariés ayant cotisé plus de 40 ans a rencontré un réel succès depuis 2004 avec 400 000 bénéficiaires. Le flux devrait diminuer et passer de 110 000 nouveaux cas par an à 40 000 cas d’ici 2020. Ce dispositif est en grande partie responsable du déficit du régime retraite en 2007 ; son coût étant estimé à 2,2 milliards d’euros. L’idée était généreuse mais s’est révélée nocive en faisant croire que les salariés pouvaient continuer à prendre leur retraite avant 60 ans.

Il faudra aussi inciter financièrement les salariés à rester au travail ; la surcote en France pour les salariés ayant plus de 40 ans de cotisations est de 3 % contre 6 % en Allemagne tout comme en République slovaque et au Canada. Au Royaume-Uni, le taux atteint même 10,4 %. L’Australie a de son côté instauré une prime forfaitaire.

Comment modifier le comportement des employeurs vis-à-vis des seniors ? La fameuse contribution Delalande a prouvé que le mécanisme des sanctions se retournait contre ceux qu’il était censé protéger. En taxant les licenciements après 55 ans, le législateur a freiné l’embauche des salariés de plus de 50 ans. La création d’un bonus malus risque d’avoir les mêmes effets. On pourrait certes imaginer un système dégressif de charges sociales en fonction de l’âge mais cela aurait pour inconvénient de diminuer les recettes de la Sécurité sociale. Pour favoriser le maintien en activité des salariés de plus de 55 ans, de nouvelles formes de contrats de travail pourraient être institués, contrats de missions ou de projets permettant d’embaucher des salariés expérimentés en vu de la réalisation de missions déterminées. Il faut fluidifier le marché et non créer de nouvelles contraintes. Par ailleurs, l’évolution de la démographie devrait inciter les entreprises à conserver leurs salariés plus longtemps. Déjà des pénuries sont constatées dans certains secteurs d’activité comme la banque ou l’assurance.

Il faut comme le recommandent l’OCDE et l’INSEE améliorer l’intérêt d’une poursuite d’activité. Cela passe par un changement des mentalités et par l’instauration d’un management plus respectueux des salariés de plus de 50 ans. Les entreprises ont, ces dernières années, valorisé la jeunesse. La révolte des trentenaires a conduit au rajeunissement des lignes hiérarchiques.

Le rapport Attali comporte, sur ce sujet, plusieurs propositions concernant l’emploi des seniors. Ainsi, il préconise de "permettre à chacun de retarder, s’il le désire, son départ à la retraite. La Commission pour la libération de la croissance française considère qu’une fois la durée minimale de cotisation acquise, il faut laisser à chacun le choix du moment de son départ à la retraite. Elle suggère qu’un supplément de cotisation pourra être attribué au-delà de 65 ans. Ainsi, s’il a cotisé le nombre minimum d’annuités nécessaire (nombre qui pourra être revu en fonction de l’évolution démographique), le salarié peut décider lui-même s’il souhaite bénéficier immédiatement d’une retraite à taux plein, ou s’il souhaite continuer à exercer son métier quelques années. Cela suppose que les entreprises ouvrent la possibilité d’avoir des horaires aménagés à partir d’un certain âge sur le modèle des quatre cinquièmes déjà pratiqués, voire du mi-temps. La collectivité sera alors en partie déchargée du poids du financement des retraites, à mesure que certains salariés décideront éventuellement de prolonger leur carrière.

Le rapport Attali recommande sans surprise de réduire le coût du travail des seniors en abaissant de 65 à 55 ans l’âge au-delà duquel l’entreprise et le salarié sont exonérés de la cotisation d’assurance chômage en favorisant une flexibilité accrue dans la gestion des rémunérations.

Il conseille aux pouvoirs publics d’inciter les entreprises à équilibrer les montants consacrés à la formation sur l’ensemble des tranches d’âges.

Il préconise de structurer et de renforcer les services dédiés aux 55-65 ans au sein des structures publiques de placement (type ANPE ou APEC - Association pour l’emploi des cadres), afin de faciliter la recherche d’emploi pour les seniors et de promouvoir leur valeur ajoutée.

Enfin, il souhaite que les pouvoirs publics favorisent les initiatives d’acteurs privés, d’agences d’intérim, de cabinets de recrutement ou d’associations visant à mettre en relation seniors et employeurs.

Sans entrer dans le détail, la Commission demande que des dispositifs d’aides en faveur des seniors qui créent des entreprises soient instaurés. De même, elle souhaite une meilleure insertion des plus de 55 ans dans les associations et les ONG qui peuvent bénéficier massivement de leurs compétences.


Jacques Attali souhaite également lever toutes les interdictions de cumul emploi-retraite. Pour percevoir sa pension, un assuré doit normalement cesser son activité professionnelle. Néanmoins, il existe dans certains cas des possibilités de cumuler une pension de retraite et un emploi. Pour les retraités qui relèvent du régime général ou du régime des salariés agricoles et dont les pensions ont pris effet après le 1er janvier 2004, il est possible de reprendre une activité professionnelle à condition de ne pas dépasser un plafond de revenu. Cette possibilité doit être, selon Jacques Attali étendue à tous les salariés et tout plafond de revenu supprimé. Pour les salariés à la retraite au moment de la réforme, la levée de l’interdiction doit être pure et simple. Pour ceux qui sont encore en activité, la levée de l’interdiction doit être applicable seulement si le salarié change d’entreprise, ou s’il crée sa propre activité, afin que le dispositif ne soit pas détourné de sa vocation.

Cette question de l’emploi des plus de 55 ans est capitale pour échapper à la paupérisation relative des futurs retraités.

La deuxième hypocrisie est celle du pouvoir d’achat des futurs retraités

Le débat actuel sur le pouvoir d’achat ne doit pas masquer qu’une crise majeure en la matière se profile. Sous couvert que les retraités d’aujourd’hui sont considérés comme favorisés, les pouvoirs publics sont tentés de gagner du temps en acceptant l’érosion lente des revenus des futurs retraités.

Il est couramment admis que nous vivons l’âge d’or de la retraite. En effet, arrivent à 60 ans des classes d’âge ayant connu les Trente Glorieuses, le plein emploi du moins dans leur première partie de carrière, la progression des salaires ; ces salariés partant à la retraite ont pu se constituer un patrimoine grâce notamment à l’inflation.

En prenant en compte le patrimoine, les retraités ont un niveau de vie comparable à celui des actifs (écart négatif de 2 points). Sans prendre en compte le capital, l’écart est de 15 %. Il faut souligner que 74 % des retraités sont propriétaires de leur résidence principale contre 56 % pour l’ensemble des ménages. Actuellement, la génération des 55/64 ans est celle qui dispose du pouvoir d’achat le plus élevé. De 1970 à 1990, le niveau de vie des retraités a progressé plus rapidement que celui des actifs.

Du fait de l’adoption des mécanismes de désindexation des pensions par rapport aux salaires, cette tendance s’est interrompue à partir de 1996. Il apparaît nettement que les retraités sont pénalisés en période de croissance et avantagés en période de stagnation. La pension moyenne des retraités s’élève à 1512 euros et à 1334 euros pour la pension médiane. Le minimum vieillesse concerne 610 000 personnes soit 4 % de la population âgée de plus de 60 ans.

Le dernier rapport du Conseil d’Orientation des Retraite, publié au mois de novembre 2007, souligne que pour les salariés, le taux de remplacement net global à la liquidation diminuera en moyenne de 10 points entre les générations 1938 et 1985. En cas de reconduction de l’accord AGIRC/ARRCO, la baisse serait de 20 points. Pour les fonctionnaires, le taux de remplacement reste stable grâce à la montée en charge du régime additionnel.

Les mécanismes d’indexation mis en place dans les années quatre-vingt-dix joueront pleinement leurs effets dans les prochaines décennies. Avec des retraites de plus en plus longues, l’écart entre les salaires et les pensions ne pourra que s’accroître.

Les générations qui partiront à la retraite d’ici 2020 auront connu pour reprendre le titre du livre de Nicolas Baverez, « les trente piteuses », l’augmentation des prix de l’immobilier et la désinflation durcissant le remboursement des emprunts. De ce fait, d’ici une vingtaine d’années, les inégalités entre retraités devraient augmenter. Ceux disposant d’un patrimoine seront relativement moins exposés aux problèmes des régimes de retraite.

Il est probable que la propension à partir tôt à la retraite diminuera dans les prochaines années du fait de la dégradation du taux de remplacement. La France pratique avec délectation la politique de l’autruche, du non-dit et de la résignation. A défaut de pouvoir imposer des changements de comportements, laissons le temps agir.

Les solutions proposées par le Conseil d’Orientation des Retraites de novembre 2007

D’ici 2020, afin de garantir le financement des régimes de retraites au minimum un point de PIB supplémentaire pour le financement des retraites, le COR propose plusieurs pistes. Ainsi, une des solutions consisterait à augmenter de 2,3 points les cotisations, avec un recul de un an du départ à la retraite et une baisse du taux de remplacement de 9 %. Une autre voie serait une réduction de 20 points du ratio pension moyenne nette sur revenu moyen d’activité net. Comme autres solutions, il y a aussi le relèvement des cotisations de 4,5 points ou l’allongement de la durée de cotisation de trois ans. Le COR souligne que le transfert éventuel des cotisations UNEDIC sur le régime vieillesse est hypothétique et est soumis à l’accord des partenaires sociaux. Il n’incite pas à réaliser des efforts et à prévoir d’autres solutions. Il considère utile de travailler à la recherche de nouvelles sources de recettes. Concernant la durée de cotisation, le COR souligne que sa fixation est effectuée en prenant en compte les besoins de financement et l’allongement de l’espérance de vie.


Le système des retraites en France est une pyramide à base large et pointe très fine. A la base, il y a le régime général, assez égalitaire, la pension versée ne peut pas dépasser 50 % du plafond de la Sécurité sociale, au second étage, il y a les régimes complémentaires, essentiellement l’Agirc et l’Arrco qui tout comme le premier, obéissent à la répartition. Au troisième étage, il y a les systèmes d’entreprise (article 83 et article 39) réservés aux grandes entreprises ou à une frange réduite de la population. Cet étage a été complété par le PERCO qui est un outil d’épargne salariale destiné à la retraite ; son fonctionnement est assez égalitaire mais il demeure pour le moment assez confidentiel. Enfin le dernier étage est constitué par les produits individuels facultatifs comme le PERP.

La coopération entre les différents étages a toujours été problématique. Le régime général et les régimes complémentaires longtemps opposés ont en commun de vouloir empêcher la montée en puissance de l’épargne retraite. Les responsables de ces régimes soupçonnent le patronat et les pouvoirs publics de réduire les financements dévolus à la répartition et de favoriser à travers des mécanismes d’exonération de charges et d’impôt l’épargne retraite. Les étages du bas sont l’expression du paritarisme quand les autres reposent sur une logique plus capitalistique. Or, il y a une complémentarité entre les différents étages. Nul ne peut nier que le développement des étages supérieurs dépend des taux de remplacements offerts par le premier.

L’épargne retraite n’est pas l’ennemi de la répartition. Il peut faciliter le recyclage d’une partie de l’épargne des Français vers des placements plus productifs. Les entreprises françaises et tout particulièrement les PME souffrent d’une sous-capitalisation notoire.

Les fonds de pension n’ont pas comme vocation première d’être les béquilles du capitalisme français ; n’oublions pas que l’objectif d’un fonds de pension est de verser des rentes à ses adhérents. II n’en demeure pas moins qu’un fonds de pension peut leur faire profiter de la croissance de l’économie mondiale et leur faire accéder de manière indirecte à des placements à fort rendement comme le non-coté.

D’ici 2030, 500 000 chefs d’entreprises prendront leur retraite ce qui pose la question de leur succession et aussi de la propriété du capital. Il faut souligner que les PME françaises ont un problème de fonds propres pour atteindre la taille critique nécessaire pour se muer avec succès au sein de l’économie mondialisée. Peu de PME françaises arrivent, par croissance interne, à accéder au marché mondial du fait d’une sous-capitalisation chronique. La France compte peu de PME par rapport à ses partenaires. En France, il y a 2,4 millions d’entreprises contre 3,4 millions au Royaume-Uni. 60 % des salariés français travaillent dans une PME qui sont, par ailleurs, à l’origine des deux tiers des créations d’emplois. Ces PME sont fragiles : il y a 50 000 faillites en France chaque année contre 30 000 aux Etats-Unis dont le poids économique n’est pas comparable.

Si 52% des investisseurs institutionnels français déclarent investir ou avoir déjà investi dans le capital investissement, seuls 0,5% des actifs gérés ont été placés dans le non coté. L’investissement dans les PME dans le cadre de placements financiers représente 0,40 % du PIB en France contre 1,20 % aux Etats-Unis, 0,58 % en Suède et 0,63 % au Royaume Uni. Pour mémoire, le poids économique des investisseurs institutionnels en France représente au total plus de 1 200 milliards d’euros. En tête, les sociétés d’assurance-vie totalisent 891 milliards d’euros devant les sociétés d’assurance dommages avec 126 milliards d’euros. Viennent ensuite les caisses de retraite complémentaires (40 Mds d’euros), la gestion financière à la CDC (32 Mds d’euros), les caisses autonomes mutuelles (21 Mds d’euros), les institutions de prévoyance (19 Mds d’euros) et enfin les fonds de réserve pour les retraites (17 Mds d’euros). Il en résulte que 60 % du capital investissement dans le non-coté provient d’acteurs étrangers dont 22 % provient de fonds de pension étrangers et 18 % de compagnies d’assurance étrangères. Le non-coté offre des rendements moins sensibles aux évolutions des cours de bourse : de 18 à 20 % ces dernières années. Les fonds de private equity se développent. Ils peuvent être intégrés à des contrats d’assurance-vie ou à des PERP. Il faut sortir des plafonds ridiculement bas. Pour des produits de longs termes, on pourrait placer jusqu’à 10 % sans s’exposer à des risques trop importants.


Le rapport Attali comporte plusieurs pistes afin de mieux orienter l’épargne vers des placements les plus dynamiques. Il préconise de modifier la fiscalité de l’épargne pour favoriser le risque plus que la rente. La tradition française encourage l’épargne de court terme à rendement faible mais sûr (plan d’épargne logement, livret développement durable, livret A), ce qui attire des sommes colossales vers le financement de la dette de l’État et des entreprises au détriment des actions et des retraites. Cette allocation des ressources ne permet pas d’orienter l’épargne vers un horizon d’investissement de long terme. Il demande d’étendre les dispositifs d’épargne salariale dans les PME en abaissant le seuil rendant la participation obligatoire à 20 salariés. Les PME de moins de 50 salariés qui se doteront d’un accord de participation bénéficieront d’un taux d’impôt sur les sociétés réduit ; les dirigeants et mandataires sociaux de toutes les PME (et pas seulement celles de moins de 100 salariés) auront la possibilité de bénéficier du Plan d’épargne pour la retraite collective (Perco).

Les études d’opinion depuis de nombreuses années prouvent que les Français ne sont pas opposés à l’épanouissement d’un système mixte associant de manière harmonieuse répartition et capitalisation. Pour des raisons psychologiques et idéologiques, la décision de réellement mettre en place un système dual est repoussée comme celle liée au recul de l’âge légal de départ à la retraite. Cette politique de l’autruche pénalisera les salariés les plus modestes n’ayant pas les moyens ou n’ayant pas accès par leur entreprise à des suppléments de retraite. Il y a dans cette politique une hypocrisie. En ne faisant rien sur ces deux points, les pouvoirs publics ne mécontentent personne tout en acceptant que le pouvoir d’achat s’érode.

mercredi 2 janvier 2008

Kafka au pays du PERP

Deux millions de Français ont ouvert un PERP mais combien savent que derrière leur produit d’épargne retraite, il y a un Groupement d’Épargne Retraite Populaire, un Comité de surveillance, une Assemblée des participants ? Peu ! Combien participent réellement aux instances ? Encore moins !

Le législateur a souhaité instituer des mécanismes de surveillance pour chaque PERP afin d’associer les épargnants et de contrôler les compagnies d’assurances. Pour assurer ces missions, il a opté pour la formule associative. Plus de quatre ans après l’adoption de la loi Fillon, la démocratie de l’épargne existe mais se doit d’être confortée.

L’association pour rassurer et pour sécuriser l’épargne retraite

Si les sondages, depuis des années, soulignent que les Français sont nettement favorables à l’instauration d’un système mixte de retraite associant capitalisation et répartition, il n’en demeure pas moins que notre pays éprouve les pires difficultés à instituer un régime général d’épargne retraite.

La capitalisation renvoie tout à la fois à la faillite des rentiers des années trente et aux fonds de pension anglo-saxons honnis en raison de leur comportement soi-disant prédateur. Les syndicats se sont opposés à la création de produits d’épargne retraite de peur qu’ils ne cannibalisent les régimes par répartition.

Ces craintes étaient si fortes qu’il a fallu plus de quinze ans de débats et deux textes pour aboutir à la création du PERP et du PERCO. En effet, la loi Thomas sur l’épargne retraite, adoptée au mois de février 1997, fut abrogée par le Gouvernement de Lionel Jospin. En 2003, François Fillon n’était pas très enthousiaste à l’idée d’intégrer dans son projet de loi une partie consacrée à l’épargne retraite. Il ne l’accepta que sous la pression des parlementaires et par voie d’amendements.

Cette méfiance explique la complexité du système qui a été choisi en 2003. A la différence de la loi Thomas, il fut décidé de créer trois produits, le PERP, le PERCO et le PERE tout en laissant subsister les produits existants : article 83, Prefon…Ces produits s’inspirent de produits existants et reconnus : l’assurance et l’épargne salariale. Par ailleurs, pour éviter toute malversation, pour empêcher la survenue de scandale façon Maxwell ou Enron, le Gouvernement encadra le PERP, le produit d’épargne individuelle, d’un carcan de règles ; le PERCO, produit d’épargne salariale destiné à la retraite étant placé sous le contrôle des partenaires sociaux.

Si le PERP obéit aux règles de l’assurance, il est, en plus, doté d’une machinerie associative. Les deux grands principes qui ont guidé le législateur ont été indépendance et transparence.

Tout PERP est ainsi une émanation d’un Groupement d’épargne retraite populaire et d’un comité de souscription.

Le GERP est une association, loi 1901, soumise à une réglementation spécifique. Il doit obéir à des règles particulières en matière de composition du Conseil d’administration, de convocation de ses adhérents, de transparence financière… Ainsi, le Conseil d’administration doit être composé pour plus de la moitié de ses membres de personnes n’ayant pas de lien direct ou indirect avec l’assureur. Dans les faits, cette indépendance peut être contournée en recourant à des personnes ayant quitté la compagnie d’assurance depuis plus de deux ans ou à des personnes qui ont des liens privilégiés avec la compagnie.

La construction du PERP, une histoire assez byzantine

Pour créer un PERP, il faut rassembler au moins cent personnes membres du GERP qui déclarent avoir l’intention de souscrire un PERP. Cette formule est digne de la fable de la poule et de l’œuf. Dans les faits, les responsables des compagnies d’assurances ont demandé à leurs salariés de donner leur nom pour participer à l’aventure du PERP. Logiquement, ils doivent adhérer au GERP, ce qu’ils ne font pas. Par ailleurs, leur intention de souscrire un PERP ne signifie pas qu’ils souscriront un PERP, tout salarié conserve la liberté de placer où il veut son argent !

La seconde hypocrisie est constituée par la création, en vue de la souscription du plan, d’un comité chargé de déterminer les dispositions essentielles du plan. Selon l’arrêté, « la composition et le mode de désignation des membres de ce comité sont définis par le conseil d'administration de l'association ». Bien évidemment, ce sont les services en charge de la production des produits d’assurances qui fixent les cahiers de charges. De même, comment imaginer que l’assemblée des potentiels souscripteurs n’approuve pas le choix de l’organisme d’assurance gestionnaire du futur PERP ? Imagine-t-on sérieusement qu’une compagnie d’assurance qui a l’intention de lancer un PERP se fasse désavouer en interne, par ses salariés ?

Cette procédure est très artificielle voire ubuesque. Initialement, elle visait à favoriser l’émergence de PERP issus de la société civile. Mais, dans les faits, seuls les compagnies d’assurances, les banques ou les mutuelles pouvaient construire et distribuer un produit aussi compliqué et réglementé. A partir du moment où le Gouvernement a également créé un produit d’épargne retraite collective avec le PERCO, les entreprises, les fédérations professionnelles n’ont aucun intérêt à se lancer dans un PERP. La procédure de création d’un PERP peut apparaître absurde.

Chaque PERP est donc la résultante d’un contrat qui lie un GERP avec une compagnie d’assurance. Le GERP a la responsabilité de mettre en place un comité de surveillance et de veiller à la tenue des assemblées de participants rassemblant les titulaires d’un même PERP.

Les fonctions exécutives et législatives du PERP

Le Comité de surveillance joue le rôle du Gouvernement du PERP en assurant le contrôle de l’organisme d’assurance et en fixant les grandes orientations de gestion. Il est composé pour plus de la moitié de ses membres de personnes indépendantes de la compagnie d’assurance parmi lesquelles sont désignés son président ainsi qu’un membre chargé de l’examen des comptes du plan, un membre chargé des nominations et des rémunérations et un membre chargé des orientations de gestion du plan. Plus de la moitié des membres sont élus par l’Assemblée des participants.

Quelles sont les missions dévolues à un Comité de surveillance ? Elles sont nombreuses. Ainsi, il est notamment chargé d’émettre un avis sur le rapport de gestion de l’assureur et de rédiger également un rapport annuel, de décider la mise en œuvre d’expertises juridiques, comptables, actuarielles et financières du plan et d’en assurer le suivi. Il doit examiner les modalités de transfert du plan et élaborer les propositions de modification du plan, proposer la reconduction ou le changement de l'organisme d'assurance gestionnaire du plan et organiser le cas échéant, la mise en concurrence des organismes d'assurance en vue de la gestion du plan. Il émet aussi un avis sur la proposition, faite par l'organisme d'assurance gestionnaire du plan, de rémunération de l'épargne des participants du plan selon leur profil d'épargne. Il doit émettre, par ailleurs, un avis sur le traitement des réclamations des participants du plan par l'organisme d'assurance gestionnaire. Le Comté de surveillance tend dans les faits à réécrire le rapport de l’assureur. Il veille dans les faits à ce que ce dernier respecte le calendrier et établisse son rapport.

Le comité de surveillance fait également procéder au moins tous les cinq ans à des études actuarielles du plan. Il désigne à cet effet un actuaire agréé. Ces études ont essentiellement pour but d'évaluer les risques susceptibles d'affecter le plan. Elles portent en particulier sur les frais et commissions prélevés, sur la structure et les perspectives démographiques du plan, sur la politique d'investissement, la structure des placements du plan et l'adéquation entre ces placements et les engagements de l'organisme d'assurance au titre du plan.



Ses différentes missions doivent être exercées par les membres du Comité de surveillance qui sont, en règle générale, de 8 à 10. Bien évidemment, ils ne peuvent les assurer seules ; ils ont besoin de l’appui technique de l’assureur. Se réunissant en moyenne deux fois par an, ils n’ont guère la faculté d’étudier en profondeur les documents techniques. Les membres ayant des missions particulières ne les assument guère avant tout pas le fait que les missions n’ont aucun intérêt. La personne en charge des nominations et des rémunérations ne croule pas sous le travail car il y a peu de nomination et peu de rémunération à distribuer dans le cadre d’un comité de surveillance de PERP. A quoi pensait le législateur au moment de la rédaction de ce texte ? Les débats parlementaires ne sont pas très prolixes sur le sujet.

Pour valider les décisions, le législateur a prévu qu’au moins une fois par an, tous les titulaires d’un même PERP soient convoqués en Assemblée des participants. A cette occasion, ils doivent approuver le rapport annuel sur la gestion et la surveillance du plan établi par le comité de surveillance, ainsi que les comptes annuels, approuver le budget du plan établi par le comité de surveillance, procéder à l'élection et au renouvellement des membres élus du comité de surveillance et, le cas échéant, approuver la désignation par ce comité ou par le conseil d'administration de l'association des personnalités qualifiées en qualité de membres de ce comité.

Cette assemblée peut également révoquer à tout moment tout membre de ce comité.

Pour les décisions les plus importantes, l'Assemblée des participants d'un plan est convoquée à titre extraordinaire pour statuer, par exemple, sur les modifications à apporter, sur proposition du comité de surveillance et après avis de l'organisme d'assurance gestionnaire, aux dispositions essentielles du plan ou sur la reconduction du contrat souscrit auprès de l'organisme d'assurance gestionnaire.

Des règles de quorum ont été instituées tout comme la convocation des adhérents par lettre individuelle. Elles sont censées empêcher la tenue de réunion en catimini. Ces obligations sont avant tout sources de coûts. Qui, après une journée de travail, accepte de perdre plusieurs heures pour assister à une réunion sur son produit d’épargne ? Sommes nous convoqués à des assemblées de titulaires de Renault Mégane ? Dans ces conditions, rien d’étonnant que le quorum pour la tenue des assemblées des participants ne soit jamais atteint lors de la première réunion. Le quorum a été fixé à 25 % des titulaires d’un même PERP, or en moyenne, un pour mille adhérents effectue le déplacement et il n’est pas rare qu’il s’agisse d’un salarié de la compagnie d’assurance.

Le PERP n’est pas un produit classique

Certes, il y a bien des assemblées des actionnaires et à celles des copropriétaires. Pour des raisons différentes, ces assemblées peuvent donner lieu à des débats passionnés. Il faut l’avouer épargner pour sa retraite n’est pas un geste anodin. La période de versement peut s’étirer sur plus de vingt ans tout comme celle du versement de la rente. Un PERP peut accompagner son titulaire sur plus de 40 ans. La durée moyenne d’un produit retraite dépasse 28 ans. Le PERP n’est pas un PEA voire un contrat d’assurance-vie dont la durée de vie est en moyenne inférieure à 10 ans. Dans ces conditions, il est logique que des dispositifs particuliers de contrôle aient été institués.

Les spécificités du PERP exige donc l’organisation de structures de contrôles. Le dispositif actuel répond-il aux besoins et aux attentes. Il est évident que les Français qui entretiennent une relation plus que complexe avec la science économique ne se préoccupe guère du quotidien de leur épargne. Pourtant, ils épargnent plus que le moyenne européenne. Ils y consacrent plus de 15 % de leur revenu disponible brut.


Des moyens limités

Le budget de toute la machinerie associative repose sur les droits d’entrée versés par les titulaires de PERP lors de la souscription. Ils doivent financer le GERP, le comité de surveillance et l’Assemblée des Participants durant toute la vie de leur PERP. Le montant des droits se situe en moyenne entre 15 et 30 euros ce qui ne saurait suffire, du moins sur la durée de vie du PERP. En outre, selon les dispositions réglementaires, le budget établi par chaque Comité de surveillance doit veiller à ne pas dégager des excédents excessifs. De ce fait, en période de souscription, les droits d’entrée qui ne sont versés qu’une fois affluent sur le compte associatif du PERP qui ne peut que soit les dépenser, soient les reverser sur les actifs du plan. En période de maturité du marché ou de faible croissance du PERP, les ressources associatives se tarissent. Il faut également noter que le GERP association réceptrice qui peut posséder plusieurs PERP, se doit aussi d’organiser des Assemblées générales, toujours convoquées par lettres individuelles. Pour se financer, elle n’a pas d’autres solutions que de prélever sa dîme sur les budgets des PERP qu’elle héberge.

Compte tenu de la législation, en tant que besoin, le Comité de surveillance peut décider un prélèvement sur l’actif du plan ce qui n’est guère populaire ; en outre il faut l’accord de l’assureur. L’indépendance souhaitée et affichée devient d’un coup très relative.

Refondation ou amélioration à la marge, à vous de choisir !

Le législateur a tenté d’instaurer un cordon sanitaire autour du PERP. Est-il possible d’améliorer la situation ou faut-il refonder ce système ?

Le PERP est un contrat d’assurance et non un fonds de pension or la loi n’oblige pas les assureurs à recourir à des associations, à des comités de surveillance, à des assemblées de participants pour leur assurance-vie. La volonté d’imposer de la transparence est censée se justifier par la durée des contrats PERP qui peut s’élever à plusieurs dizaines d’années.

Le contrôle de l’épargne retraite s’impose. Il faut simplement mieux l’organiser afin qu’elle gagne en efficacité.

A cette fin, une simplification des règles en vigueur est nécessaire. La forme associative est-elle incontournable ? Elle a été choisie car elle est connue de tous et qu’elle est simple. En revanche, elle apparaît peu adaptée à la surveillance d’un produit financier, technique comme peut l’être le PERP. Philippe Marini, le rapporteur général du budget au Sénat préconise de doter les comités de surveillance de la personnalité morale. De ce fait, ils ne pourraient plus être logés au sein du GERP sauf au risque d’avoir des conflits entre personnalités morales au sujet d’un même PERP.

Réinventons les fonds de pension ?

Le plus simple serait de faire du PERP une personnalité morale contrôlée par une instance indépendante, le comité de surveillance. Le cantonnement des fonds pourrait justifier une telle pratique. Les sociétés de gestion ne créent-elles pas des SICAV ? D’adhérents à une association, les titulaires du PERP deviendraient des actionnaires. Par cette réforme, la France réinventerait les fonds de pension.

Simplifions le quotidien !!!

A défaut de bouleverser le paysage de l’épargne retraite, il est souhaitable d’assouplir le cadre actuel en supprimant les doubles réunions, assemblées des participants au niveau de chaque PERP et assemblées générales au niveau du GERP. Ce qui compte pour l’épargnant, c’est son PERP et non le GERP. Par ailleurs, les règles de quorums ne sont sources que de coûts. Il faut sans nul doute les supprimer.

Pour le financement, un droit annuel perçu au niveau de l’association serait plus sain que la formule actuelle. En effet, les dépenses sont organisées au niveau de l’association qui les mutualise. L’établissement de budget spécifique au niveau de chaque PERP n’a pas beaucoup de signification. Ces budgets retracent essentiellement des dépenses de convocation de réunion. Dans les prochaines années, ils intègreront également des dépenses d’expertises, expertises dont l’ampleur sera limitée par la rareté des ressources mobilisables.

Pour le comité de surveillance, la composition actuelle incite à des nominations de membres factices. A l’image des pratiques en cours pour les conseils d’administration, le recours à des experts indépendants serait bienvenu.
Entrer dans l’ère du web2. 0

Le principe d’une surveillance par les titulaires de PERP de la gestion de la compagnie d’assurance s’intègre parfaitement dans le mouvement participatif actuel. Que les épargnants puissent contrôler la gestion de leur épargne constitue un progrès à condition qu’ils puissent exercer réellement leurs pouvoirs. La formule des assemblées convoquées une fois par an et du rapport annuel pré-formaté apparaît dépassé.

A partir du moment où au moins la moitié des Français sont connectés à Internet, il convient de mettre en place de nouvelles procédures de consultation et d’information en s’inspirant des pratiques du Web2.0.

Aujourd’hui, l’envoi de lettre de convocation individuelle aux adhérents, qui apprennent à l’occasion qu’ils sont membres d’une association dont ils ne connaissent ni le nom, ni les fonctions, est une opération fastidieuse et coûteuse, environ un euro par membre soit pour l’ensemble des PERP, un coût annuel d’environ 2 millions d’euros. Cet argent devrait être utilisé pour informer réellement les adhérents.


Pour une institution de contrôle ?

Les GERP sont aujourd’hui obligatoirement enregistrés auprès de l’Autorité de Contrôle de l’assurance et des mutuelles. Elle ne dispose pas de pouvoirs de contrôle et de sanction sur les GERP qui ne respecteraient pas la réglementation. Elle est une boite au lettre pour les rapports annuels des comités de surveillance mais ne peut pas logiquement déclencher une procédure à l’encontre d’un GERP qui omettrait de les lui envoyer.

Afin de veiller aux respects des droits des adhérents et une égalité de traitement, l’instauration d’une autorité de contrôle ou l’augmentation des pouvoirs de contrôle de l’ACAM en la matière seraient un progrès.

Que fait le Cercle des Epargnants ?

Le Cercle des Epargnants a, dès sa création, choisi de développer l’information et la formation de ses membres avec la création d’un Observatoire de l’épargne retraite et la constitution d’un Conseil scientifique composé de personnalités ayant des compétences en matière économique et sociale comme Jean-Paul Fitoussi, François Héran, Jacques Barthélémy, Robert Baconnier, Florence Legros et Jean-Pierre Gaillard. Le Cercle organise régulièrement des réunions sur le thème de l’épargne et des retraites. Par ailleurs, toujours dans un souci de transparence et d’information, le Cercle s’est doté d’un site Internet et propose des services à ses adhérents (simulation de pension, reconstitution de carrière). Avec des moyens accrus et la simplification des textes en vigueur, les groupements d’épargne retraite populaire et donc le Cercle des Épargnants, pourraient remplir plus efficacement leurs missions

jeudi 22 novembre 2007

Le dernier verdict du COR sur les retraites

Le Conseil des Orientations des Retraites vient de publier son cinquième rapport sur la situation des retraites. A quelques mois du rendez-vous des retraites fixé au début 2008, ce rapport souligne que les pouvoirs publics et les partenaires sociaux devront prendre de nouvelles mesures pour assurer l'équilibre des régimes vieillesse. Selon le Président du COR, Rapahaël Hadas Lebel, "le rapport du COR constate que les comptes à court terme de la branche vieillesse, en particulier ceux du régime général, sont plus dégradés que prévu : 4,6 milliards d'euros de déficit en 2007 et 5,7 milliards en 2008. La principale cause est l'arrivée à l'âge de la retraite des générations du baby-boom, à quoi s'ajoute le succès des départs anticipés pour carrière longue."

Il souligne que la déterioration est plus rapide que prévu mais qu'en revanche en 2050 la situation serait meilleure que celle initialement prévue. "Les projections pour 2020 indiquent qu'en raison principalement du déséquilibre croissant entre les nombres des actifs et des retraités (182 cotisants pour 100 retraités en 2006, 121 pour 100 en 2050), le besoin de financement du système de retraite en 2020 sera de l'ordre de 1 point de PIB soit 25 milliards d'euros".

Il mentionne que les hausses de cotisations devraient être un peu plus importantes que prévu et "ne coïncideraient nécessairement pas dans le temps avec d'éventuels excédents de l'Unedic".

lire le rapport du COR

mardi 20 novembre 2007

les propositions du Sénat en matière de retraite

Le sénateur Dominique Leclerc, dans le cadre de son rapport sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008, a au nom de la Commission des affaires sociales, élaboré une série de propositions pour améliorer le régime de l’assurance-vieillesse.

Les propositions de la commission des affaires sociales pour la branche vieillesse en 2008

La commission, par la voix de son rapporteur Dominique Leclerc, poursuit cette année cinq objectifs principaux :

Outre les préretraites d’entreprise, pénaliser financièrement le recours à d’autres dispositifs de cessation précoce d’activité :

- les préretraites Cats et FNE ;

- l’ensemble des préretraites « maison ».

Assurer le suivi statistique de l’emploi des seniors :

- augmenter la pénalité applicable en cas de non-respect par un employeur de l’obligation de déclarer chaque année le nombre des salariés partis en préretraite ou placés en cessation précoce d’activité ;

- introduire, pour les entreprises d’au moins deux cent cinquante salariés, une obligation d’informer les services de l’Etat des licenciements des salariés âgés de soixante ans et plus remplissant les conditions d’un départ en retraite à taux plein ;

- prévoir une information du comité d’entreprise sur la politique de l’employeur à l’égard des seniors. Etablir à cet effet un rapport annuel sur le modèle du rapport sur l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.

Promouvoir le dispositif de retraite progressive :

- ouvrir son bénéfice aux assurés pouvant partir en retraite anticipée avant soixante ans ;

- prévoir une information systématique sur la retraite progressive à l’occasion de l’estimation indicative globale qui sera adressée à tous les assurés dans le cadre du droit à l’information.

Garantir la transparence et la neutralité financière des prochains adossements de régimes spéciaux de retraite au régime général :

- accorder à la Cnav une clause de révision figurant dans chaque convention d’adossement, similaire à celle obtenue par les régimes complémentaires Agirc et Arrco lors de l’adossement du régime des industries électriques et gazières de 2005 ;

- rendre obligatoire la consultation du conseil d’administration de la Cnav sur les modalités de chaque adossement pour qu’il s’assure du respect du principe de neutralité financière à l’égard de ses assurés sociaux.

Faire de la prospective une priorité de l’assurance vieillesse :

- publier chaque année, à partir de 2008, dans les rapports annuels des caisses de retraite de plus de 20 000 cotisants, une estimation sur trente ans de l’évolution de leurs équilibres financiers.


Le Cercle dans la presse

L’étude du Cercle a fait l’objet de plusieurs articles dans la presse notamment dans les Echos et dans la Correspondance Economique. Par ailleurs, Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des Epargnants a été interviewé sur le PERP par le site infos.actusite.fr, site d’information de l’assurance et de la gestion de patrimoine.

PERP, Résultats en demi teinte

Bientôt 2 millions de PERP en France : 91 000 nouveaux PERP depuis le 1er janvier 2007
Selon les dernières statistiques de la FFSA, 91 000 nouveaux PERP ont été souscrits depuis le 1er janvier 2007. Il y a, de ce fait, 1 951 000 plans ouverts en France soit une hausse de 4 % par rapport à la fin de l’année 2006. Les cotisations versées depuis le début de l’année atteignent 600 millions d’euros et l’encours atteint 2,966 milliards d’euros en hausse de 26 % sur neuf mois.

vendredi 15 juin 2007

Demain n'attend pas

Retraite, demain n'attend pas



Tous les pays qu’ils soient développés ou non, sont confrontés au vieillissement de leur population. Ainsi, la France comptera, en 2012, davantage de personnes de plus de soixante ans que de jeunes de moins de vingt ans. Cet évènement, sans précédent dans l’histoire démographique contemporaine, est la marque d’une révolution lente mais continue, l’allongement de la durée de la vie. Trop souvent, le débat sur le financement des retraites se réduit à la question du papy-boom comme effet miroir du baby-boom d’après la seconde guerre mondiale. Si l’impact des nombreuses naissances des années 1946/1965 n’est pas nul sur l’équilibre de nos régimes de retraites, il est sans comparaison avec celui provoqué par l’augmentation de l’espérance de vie.

Le vieillissement de la population aura de nombreuses conséquences tant économiques, financières que sociales. La société devra évoluer afin de gérer au mieux la cohabitation d’un grand nombre de générations. Des choix collectifs et individuels devront être faits afin d’assurer tant l’équilibre des régimes sociaux que pour garantir à chacun des revenus décents.

L’étirement de la vie

Sous Louis XV, il y a trois siècles, l’espérance de vie atteignait péniblement 35 ans ; la moitié des enfants disparaissaient durant les premières années de leur vie. Aujourd’hui, la mortalité infantile, dans les pays occidentaux, concerne moins de quatre enfants pour mille naissances ; l’espérance de vie est de 77 ans pour un homme et de 83 ans pour une femme. Chaque année, nous gagnons un trimestre..

Si jusque dans les années soixante, les gains d’espérance de vie reposaient essentiellement sur la diminution de la mortalité infantile, depuis, ils reposent sur l’allongement de la vie après soixante ans. En 1914, une personne de 65 ans avait une espérance de vie de 10 ans, en 2000, cette même espérance atteint plus de 21 ans. Il a été longtemps admis que la durée de la vie humaine ne pouvait guère en moyenne dépasser cent ans ; or avec Madame Calment nous avons eu la preuve qu’elle pouvait aller jusqu’à 122 ans. Par ailleurs, le nombre de centenaires double tous les dix ans et s’élevait en 2006 à plus de 15 000. Plus de la moitié des jeunes filles nées en 2007 connaîtront l’année 2107Au-delà des chiffres, il faut souligner que l’allongement de la durée de vie humaine s’accompagne d’une amélioration de l’état de santé aux âges élevés.

Une vie professionnelle rétrécie

Si la durée de la retraite a été multipliée par deux en moins de cinquante ans, c’est aussi que nous arrêtons de plus en plus tôt de travailler. Dès 58 ans, plus de la moitié des hommes ont cessé toute activité. Seulement 36 % des salariés français âgés de 55 à 65 ans travaillent ce qui représente un des taux les plus faibles de l’OCDE. Toutes les études d’opinion montrent que les Français sont très attachés à pouvoir prendre leur retraite à 60 ans voire avant.

A cette réduction de la vie active par le haut s’ajoute celle liée à l’entrée de plus en plus tardive des jeunes sur le marché du travail. Ils commencent à travailler en moyenne à 22 ans alors qu’en 1936, plus de la moitié des jeunes hommes de 13 ans travaillaient. Depuis la seconde guerre mondiale, du fait de ce double mouvement, la vie active a été réduite de 8 ans.

Une nouvelle gestion des âges

Notre société devra s’adapter et prendre en compte la nouvelle gestion du temps qui s’impose à nous. La vie, autrefois, se découpait en trois parties de durée inégale. La première était consacrée à la formation ; elle s’achevait, en moyenne, vers dix huit ans avec le service national et le mariage, la seconde, la plus importante d’une durée d’au moins 40 ans était consacrée au travail, la dernière à la retraite atteignait une petite vingtaine d’années. Aujourd’hui, la période de formation court jusqu’à 24/25 ans ; le travail de 25 à 60 ans et la retraite de 60 à plus de 85 ans. Auparavant, trois générations au mieux cohabitaient ; désormais, elles sont au nombre de quatre.

S’il y avait en 1950, quatre actifs pour un retraité, il n’y en a plus que deux aujourd’hui et en 2040, il y aura un actif pour un retraité. Ces chiffres illustrent parfaitement que les choix effectués, en matière de retraite, il y a soixante ans doivent être reconsidérés.


Le quasi monopole de la répartition

Le premier régime de retraite français a été créé par Colbert sous Louis XIV au profit des mariniers. Il faudra attendre plus de trois cents ans pour généraliser l’assurance-vieillesse dans notre pays, trois cents ans de tergiversations, d’échecs, de lois inappliquées. A la différence de l’Allemagne qui dès 1875 sous l’impulsion de Bismarck a institué un régime général de retraite, la France devra attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour faire de même.

En 1945, la France a opté pour un régime de retraite fondé sur la répartition, régime en vertu duquel les salariés acquièrent des droits en versant des cotisations assises sur les salaires ; cotisations qui servent à financer les pensions des retraités. Il s’agit d’un mécanisme de solidarité intergénérationnelle. Ce choix était alors logique. Il y avait peu de retraités, la forte croissance permettait le plein emploi et l’augmentation régulière des salaires garantissant un volume croissant de cotisations.

Le régime de retraite des salariés comporte deux étages, le régime général géré pour les salariés du secteur privé par la Caisse nationale d’assurance Vieillesse ; les régimes complémentaires avec l’Agirc pour les cadres et l’Arcco pour les non cadres. Ces deux étages reposent sur la répartition. Un dispositif de solidarité a été, par ailleurs, institué financé par l’Etat, le minimum vieillesse.

La faillite de rentiers durant la crise des années trente et la suspicion à l’encontre du capitalisme à la fin de la seconde guerre mondiale créaient un climat favorable à la répartition. Les secteurs ou les entreprises qui avaient avant les ordonnances de 1946 mis en œuvre des systèmes de retraite les ont conservé et sont, aujourd’hui, baptisés de régimes spéciaux. Il s’agit en particulier des régimes de la RATP, de La SNCF et d’EDF.

Les systèmes mixtes répartition/capitalisation, la règle au-delà de nos frontières

Nos partenaires ont préféré développer des systèmes mixtes reposant tout à la fois sur la répartition et sur la capitalisation qui permet de payer des pensions grâce aux produits d’un capital accumulé. Ce capital est constitué par le versement d’une partie de l’épargne des salariés et par des versements éventuels de la part des entreprises. La retraite par capitalisation peut prendre la forme de plan individuel d’épargne-retraite, produit présenté directement par les établissements financiers ou être proposé par des fonds de pension qui assurent la gestion des retraites pour une entreprise, un groupe d’entreprises, une administration ou une collectivité locale. Jusqu’à l’adoption de la loi Fillon en 2003, seuls les fonctionnaires avec la Préfon, les indépendants avec les contrats Madelin pouvaient, en France, accéder à des produits de retraite par capitalisation.

Que ce soit en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, cohabitent un régime de base par répartition et des régimes complémentaires, souvent des régimes propres aux entreprises reposant sur la capitalisation.

La répartition a l’avantage de la simplicité, elle a l’inconvénient d’être sensible aux évolutions démographiques et salariales. La fin des périodes de forte croissance et du baby boom, l’allongement de la durée de la vie, le développement du chômage de masse et la stagnation des salaires remettent en cause son équilibre. Les systèmes par capitalisation le sont moins même si les entreprises américaines du fait de leurs engagements en matière de retraite doivent provisionner des sommes importantes. La forte croissance de l’économie, ces dernières années, joue en sa faveur. Il ne faut pas oublier que même en prenant en compte les krach, le placement actions est le plus rentable.

Les Français sont aujourd’hui favorables, à plus de 60 %, selon le sondage réalisé par l’Institut CSA pour le Cercle des Epargnants en mars 2007, à l’émergence d’un système mixte assis à la fois sur la répartition, gage de la solidarité nationale et sur la capitalisation jugée plus efficace.

Demain n’attend pas

Le besoin de financement des régimes des retraites devrait passer de 12 % à 18 % d’ici 2050. Cette augmentation ne prend pas en compte l’augmentation des dépenses de santé dont 50 % sont imputables aux personnes de plus de 60 ans ni celles liées à la dépendance. Le maintien des régimes spéciaux devrait coûter plus de 120 milliards d’euros.

Les mesures prises en 1993 et la loi Fillon en 2003 ne règlent que 40 % du problème. La période de cotisation est passée de 37,5 années à 40 ans, elle passera d’ici 2012 à 41 ans, puis certainement à 42 ans. Sans changer l’âge légal de départ à la retraite fixée à 60 ans, la France a admis que pour avoir une retraite à taux plein, il faut travailler bien au-delà de cette frontière psychologique. Par ailleurs, la pension du régime de base n’est plus calculée sur les dix meilleures années mais sur les vingt-cinq meilleures années. Enfin, les pensions ne sont plus indexées sur les salaires mais sur les prix. Les régimes complémentaires jouent sur le montant des cotisations et sur la valeur du point.

Le plan Fillon suppose que le taux de chômage revienne sous la barre de 4,5 % ; les cotisations d’assurance chômage étant reversées à l’assurance vieillesse.

En moyenne, d’ici 2020, le taux de remplacement, c'est-à-dire le montant de la pension versée lors de la cessation d’activité par rapport au dernier salaire perçu devrait diminuer de 10 points. Ce sont les cadres moyens et supérieurs qui seront les plus pénalisés avec une réduction pouvant atteindre 20 points.

Que faire ?

Avant de choisir une solution pour améliorer sa future retraite, il convient avant tout de réaliser un diagnostic sur ses revenus et son patrimoine. Un salarié d’un grand groupe de trente cinq ans, locataire de son appartement, n’est pas dans la même situation qu’un cadre de cinquante ans travaillant dans une PME de dix salariés et propriétaire de sa résidence principale. Pour établir ce diagnostic, il peut être utile d’être conseillé par son assureur ou par un expert indépendant. De nombreux sites Internet permettent de réaliser très rapidement des simulations sur le montant de sa future pension.

Quelles sont les solutions pour maintenir son taux de remplacement le plus élevé ?

Pour les salariés, il y a les produits d’épargne retraite collectifs proposés éventuellement par leur entreprise et les produits d’épargne retraite individuels.

Parmi les produits d’épargne collectifs, figurent l’article 83 (du Code général des impôts) et le Plan d’Epargne Retraite Collectif (le PERCO) créé par la loi Fillon de 2003.

L’article 83

L’article 83 peut concerner tous les salariés ou certaines catégories de salariés et fonctionne sous la forme d’un plan collectif dédié à la retraite. L’entreprise s’engage à verser un niveau de cotisations en pourcentage du salaire, versement qui peut être complété par ceux du salarié la sortie d’effectue sous forme de rente.

Le Plan d’Epargne Retraite Collectif

Le PERCO s’inscrit dans la lignée des produits d’épargne salariale, il nécessite qu’au préalable l’entreprise soit dotée d’un plan d’épargne entreprise. Il s’agit d’un produit facultatif avec une sortie en rente ou en capital. Les versements ne peuvent pas excéder 25 % de la rémunération du salarié ; l’entreprise peut compléter en versant un abondement. L’intéressement et la participation peuvent être affectés au PERCO. La rente n’est pas imposable. Il y a aussi la possibilité de transférer son PERCO d’un établissement à un autre.

Les PME d’un même bassin d’emploi ou d’un même secteur peuvent se réunir pour proposer en commun un Plan d’Epargne Retraite Collective Interentreprise à leurs salariés.

Trois autres produits peuvent être également proposés en entreprise : le Plan d’Epargne retraite entreprise qui greffe sur l’article 83 un PERP, l’article 82 et enfin l’article 39.

Les produits individuels, opter pour des produits adaptés en phase avec la croissance de l’économie mondiale

A défaut de produits proposés au sein de son entreprise ou pour les compléter, de nombreuses solutions dites individuelles existent.

Les Français privilégient des produits d’épargne traditionnels et surtout les placements en euros (monétaires ou obligataires) au détriment des placements en actions qui offrent pourtant de meilleurs rendements. Or, la retraite est un risque de long terme ; la période de cotisations peut durer vingt ans tout comme celle de versement de la rente. Il y a donc une logique à opter pour des placements actions.

Le Plan d’Epargne Retraite Populaire, le PERP

La loi Fillon a créé un produit destiné spécifiquement à la préparation de la retraite, le Plan d’Epargne Retraite Populaire, le PERP. Ouvert à tous, ce plan permet de se constituer, en toute sécurité un complément de retraite en déduisant de son impôt sur le revenu le montant de ses versements. Sa sortie s’effectue sous la forme d’une rente sauf pour ceux qui ne sont pas propriétaires de leur résidence principale au moment de la cessation d’activité. Ce produit fait l’objet de critiques injustes. Il est à recommander à tous les contribuables fortement imposés.

L’Assurance-Vie

L’assurance-vie, véritable couteau suisse de l’épargne française, constitue une autre solution. Elle offre l’avantage de préparer sa retraite tout en pouvant utiliser à sa guise le capital constitué. Avec plus de mille milliards d’euros d’encours, c’est le produit d’épargne préféré des Français.

Les intérêts et les plus values sont imposables au taux de 7,5 % après un abattement de 4600 euros par an pour un célibataire ou de 9200 euros pour un couple marié. La durée minimale du contrat est de huit ans mais des possibilités de rachat partiel sont possibles avant ce terme. Afin de bénéficier des meilleurs rendements possibles, il faut privilégier les contrats en unités de compte.

Le Plan d’Epargne en Actions

Le Plan d’Epargne en Actions n’est pas en soi un produit destiné à la retraite. Néanmoins, du fait de son régime fiscal avantageux, exonération des plus-values et des dividendes perçus au sein du plan, il constitue un placement à ne pas négliger. Compte tenu de son exposition au risque plus élevée, il constitue plus un moyen de diversification que la solution type pour préparer sa retraite. Son plafond est fixé à 132 000 euros.

L’immobilier, le refuge classique

51 % des Français sont propriétaires de leur résidence principale. Or, la quasi totalité aspire à l’être. Cet investissement répond plus à des arguments sociologiques ou psychologiques que rationnels. La possession d’un logement génère de la sécurité qui n’a pas de prix. Nicolas Sarkozy a promis de rendre déductible les intérêts des emprunts pris en vue de l’acquisition de sa résidence principale. Cette mesure devrait avoir un double effet : doper l’accession à la propriété et contribuer à la hausse des prix de l’immobilier.

L’investissement immobilier locatif qui a connu un essor avec l’adoption des lois Borloo doit être, en revanche, utilisé avec précaution compte tenu du niveau élevé des prix et des modifications très fréquentes de la législation en la matière.

Le rachat de trimestres
La loi Fillon a autorisé les salariés du secteur privé à racheter jusqu’à douze trimestres d’assurance-vieillesse afin de d’obtenir une retraite à taux plein. Ce dispositif permet de compenser des études longues ou des périodes de chômage, elle permet aussi de partir plus tôt à la retraite. Le montant des rachats est fonction de l’âge.

Sont en revanche à bannir, les produits d’épargne à court terme, comptes sur livret, qui ne peuvent en aucun contribuer à bien préparer sa future retraite. L’épargne retraite est un placement à long voire très long terme.

Les solutions pour les indépendants

Les Contrats Madelin

Ces contrats sont réservés aux travailleurs non salariés et non agricoles ainsi qu'à leur conjoint : il s'agit des professions libérales, des commerçants, des artisans et des dirigeants de société.

Les souscripteurs, moyennant le versement régulier d'une cotisation bénéficient lors de sa cessation d’activité d’une rente fixe jusqu'à leur décès. À la différence du PERP, les versements ne sont pas libres. Ils ont le choix comme pour tout produit d’assurance entre plusieurs types de supports : contrats en euros, contrats multi-supports ou gestion libre. Ils peuvent également opter pour une gestion dite évolutive qui permet de sécuriser progressivement l'épargne. La rente est soumise au régime fiscal des pensions retraites, soit une imposition après un abattement de 10 % à laquelle s'ajoutent les prélèvements sociaux. Les cotisations versées sont déductibles dans la limite de 10 % des bénéfices imposables réalisés jusqu’à hauteur de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale.

Par rapport au PERP, les indépendants titulaires de contrats Madelin bénéficient d'une possibilité de déduction supplémentaire : elle est égale à 15 % de la fraction de leur bénéfice, qui est comprise entre 1 fois et 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale de 2005 (soit entre 30 192 € et 241 536 €).

Comme pour le PERP, une déduction minimale spécifique est appliquée pour les particuliers qui n'atteignent pas les seuils précédents. Leur cotisation est déductible à hauteur 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale.






Trois questions à Jean-Pierre Thomas, associé-gérant à la Banque Lazard, ancien député et auteur de la première loi sur les fonds de pension en France

Quatre ans après l’adoption de la loi Fillon sur les retraites, quel bilan en tirez vous ?

La loi Fillon a permis d’aligner le régime des fonctionnaires sur celui des salariés du régime général. Par ailleurs, elle a prévu de passer la période de cotisations de 40 à 41 ans puis certainement à 42 ans. En revanche, les régimes spéciaux n’ont pas été modifiés ni même l’âge légal de départ à la retraite au moment où les principaux partenaires de la France l’ont porté à 65 voire à 67 ans. De ce fait, la loi Fillon n’est qu’une étape dans la remise à plat indispensable de nos régimes de retraite afin d’en assurer la pérennité.

Sur l’épargne retraite ?

Le PERP avec plus de deux millions de souscripteurs et un encours de plus de 2,4 milliards d’euros rencontre un demi succès. Il a été mal distribué lors de son lancement. De nombreux épargnants ont ouvert un PERP sans bien prendre conscience de la spécificité de ce produit. Il en résulte de faibles cotisations qui ne pourront pas générer des rentes suffisantes d’ici une vingtaine d’années. Par ailleurs, le PERP est avant tout destiné aux contribuables qui se situent dans les tranches supérieures de l’impôt sur le revenu. En revanche, je constate que le PERCO est plébiscité par les salariés comme les employeurs. Il connaît un développement rapide depuis deux ans.

Quelles réformes préconisez-vous ?

En matière d’épargne retraite, la réforme a minima devrait consister à simplifier le PERP, à le libérer de son carcan réglementaire institué au nom de la légitime transparence mais qui aboutit à le rendre inintéressant tant pour les épargnants que pour le gestionnaire. Sinon, je suis favorable à une remise à plat de l’ensemble de l’épargne retraite en vue de constituer de véritables fonds de pension à la française intégrant un volet collectif et individuel avec également comme objectif l’irrigation en capitaux de nos entreprises. Enfin, les pouvoirs publics devront envoyer un signe envers les épargnants non imposables en instaurant un crédit d’impôt.


vendredi 8 juin 2007

Epargner Plus pour Gagner Plus

L’OCDE a publié, le jeudi 7 juin 2007, son rapport sur les retraites qui souligne que les promesses de pension moyenne diminue en moyenne au sein des pays membres et que les réformes engagées visent à reculer l’âge légal de départ à la retraite. L’âge réel de départ à la retraite reste inférieur à 60 ans dans neuf pays de l’OCDE dont notamment en France, en Belgique, en Hongrie ou en Italie.

En Allemagne, en Italie, au Japon, en Suède, les promesses de pension seront réduites de 15 à 25 %. l’OCDE préconise un effort d’épargne supplémentaire pour faire face à ce défi.

jeudi 7 juin 2007

la 12 ème étude du Cercle : le rendez-vous de 2008

La douzième étude du Cercle des Epargnants est consacrée à la préparation du rendez-vous 2008 sur la retraite. Le Gouvernement entend d’ici la fin de l’année engagé une concertation en vue de préparer les négociations de l’année prochaine qui porteront tout à la fois sur la refonte des régimes spéciaux, l’allongement de la durée de cotisation et la fixation du minimum garanti ainsi que sur la revalorisation des petites pensions.