CERCLE DE L'EPARGNE, DE LA RETRAITE ET DE LA PREVOYANCE

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samedi 11 janvier 2014

La semaine économique et financière vue par l'oeil du Cercle

Le coin des Epargnants

 Le CAC 40 a fait du surplace en ce début d’année avec une petite hausse de 0,07 point. La prudence est de mise face aux incertitudes et après les gains de l’année 2013. Le statuquo monétaire de part et d’autre de l’Atlantique a certainement pesé sur le comportement des investisseurs. Le CAC a terminé vendredi à 4260 points

 France, de la rupture dans le langage au tournant politique

 Près de deux semaines après les vœux, le buzz sur le changement de cap économique du Président économique. L’annonce d’un pacte de responsabilité avec les entreprises a été perçue comme la reconnaissance de leur rôle dans le processus de création de valeurs.
 Le taux de croissance de la France devrait se situer entre 0,7 et 1 % cette année. Le pouvoir espère que la croissance américaine et du reste de l’Europe portera la croissance française. La réduction du déficit public de 4,1 à 3,6 % du PIB pèsera un peu sur la demande intérieure avec un effort budgétaire de 15 milliards d’euros. Pour 2015, le Gouvernement parie sur une croissance de 1,5 %. Les experts économiques  estiment qu’un taux de 1,3 % est plus crédible. Le retour d’une croissance à 2 %, sous réserve d’un contexte favorable, n’est pas envisagé avant 2017.
 A moyen terme, le taux de croissance restera insuffisant pour créer suffisamment d’emplois pour juguler 
la dégradation du chômage enregistré depuis 2009.

 Zone euro, rien n’est fait mais statuquo sur les taux

 Le Président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, qui a jugé jeudi "prématuré" de parler de victoire sur la crise économique en zone euro. Néanmoins, la BCE n’a pas modifié ses taux. Son principal taux directeur est resté à 0,25 %. Le Président a, lors de son point presse, souligné que l’inflation est contenue et basse mais qu’elle devrait revenir progressivement autour de la cible des 2 %. Le taux d’inflation de la zone euro s’élevait à 0,8 %. Il a indiqué que la demande de monnaie restait atone. Au niveau économique, la BCE s’attend à une amélioration progressive au cours des années 2014 et 2015 grâce à une reprise de la demande interne.

 Zone euro, la reprise modérée

 Les trois principaux instituts européen de conjoncture économique (INSEE pour la France, IFO pour l’Allemagne et ISTAT pour l’Italie) sont très prudents et ne s’attendent pas à une reprise à l’américaine. Le retour de la croissance en Europe sera lent et progressif.
 Pour les résultats de la fin de l’année 2013, les trois instituts pensent qu’il y a une légère accélération. Ainsi, si le PIB de la zone euro a augmenté de 0,1 % au 3ème  trimestre 2013 avec une forte diminution de la croissance des exportations, l’activité économique devrait accélérer légèrement (+0,2 % au 4ème trimestre 2013, +0,2 % au 1er trimestre 2014 et +0,3 % au 2ème trimestre 2014). Les instituts considèrent que le moteur de la croissance devrait à terme être la demande interne qui remplacera celui de la demande externe.
 Les instituts notent que la politique budgétaire reste toujours restrictive dans de nombreux États membres et que la situation du marché du travail pourrait conduire à une stagnation du revenu réel disponible, entraînant une croissance limitée de la consommation privée.
 En revanche, l’investissement devrait, selon eux, augmenter grâce à l'accélération progressive de l'activité et à la nécessité de renouveler les capacités de production après une phase marquée d'ajustement. Sous l'hypothèse d’une stabilisation du prix du pétrole à 110 dollars le baril et d’un taux de change euro/dollar fluctuant autour de 1,36, l'inflation globale devrait rester bien en deçà de 2 %. Les trois instituts tablent sur une inflation de 0,9 % au 1er trimestre 2014 et de 1,1 % au 2ème trimestre 2014.
 Les instituts admettent que leur scénario peut être remis en cause avec le cas échéant une croissance de l’investissement plus forte que prévu, due à l'amélioration de l'accès au crédit. Par ailleurs, il est possible que la consommation privée stagne en raison de la faiblesse persistante du marché du travail et d’une demande extérieure plus faible dans les économies émergentes.

 Etats-Unis, ça tourne rond

 238 000 créations d’emplois ont été créés au mois de décembre soit plus que prévu. L’amélioration du marché du travail se poursuit.
 Le taux de de chômage est passé à 7% en novembre et à 6,7% en décembre. Il est à son plus bas niveau depuis cinq ans tout en étant encore au-dessus de son taux naturel. Il faut, par ailleurs, noté que du fait des retraits du marché du travail, le taux de chômage réel au-dessus de 8 %.

 A suivre next week

 Lundi 13 février, en France, il faudra suivre les indicateurs composites avancés de l'OCDE au mois de janvier avec la confirmation d’une reprise progressive des pays avancés. Aux Etats-Unis, il faudra suivre les résultats du budget fédéral pour le mois de décembre. A Détroit, le début des journées presse du salon de l'automobile sera à décrypter pour analyser l’évolution du marché automobile américain mais aussi mondial.

 Mardi 14 janvier, sera communiquée la balance des paiements de la France pour novembre. Il faudra suivre surtout, toujours en France, l’indice des prix à la consommation de décembre. Logiquement, le taux d’inflation devrait rester autour de 0,7 à 0,8 %. Le Gouvernement sera amené à trancher sur le taux du Livret A qui devrait rester à 1,25 % même si l’application de la formule devrait ramener le taux à 1 %.
 Toujours mardi et toujours en France, sera rendu public la situation mensuelle budgétaire de l'État de novembre.
 A Berlin sera connue la première estimation du PIB pour 2013. A Londres, le taux d’inflation pour décembre sera communiqué. A Bruxelles, la production industrielle du mois de novembre pour la zone euro sera rendue publique. A Washington, mardi sera riches en résultats : prix import/export du mois de décembre, les ventes au détail toujours pour décembre et les stocks des grossistes pour novembre

 Mercredi, en France, il faudra suivre les créations d'entreprises de décembre et l’indice de référence des loyers du 4ème trimestre.
 A Bruxelles, sera communiquée la balance commerciale de la zone euro pour novembre.
 Aux Etats-Unis, il faudra regarder l’indice manufacturier "Empire State" de janvier  en l’indice des prix à la production de décembre.

 Jeudi, en France, il faudra suivre l’adjudication d'OAT moyen terme.
 A Berlin sera communiqué le taux d’inflation de décembre quand à Bruxelles ce sera le taux d’inflation de la zone euro de décembre. A Washington sera également rendu public, l’indice des prix à la consommation de décembre. Il faudra également suivre les  inscriptions au chômage de semaine au 11 janvier et l’indice immobilier NAHB de janvier.

 Vendredi, à Londres, il faudra suivre les ventes au détail de décembre et les mises
 A Washington, seront communiqués les mises en chantier et les permis de construire de décembre

samedi 16 novembre 2013

La semaine économique et financière vue par l'oeil du Cercle des Epargnants

Le Coin des Epargnants

La semaine a été marquée par l’annonce officielle de la création de deux nouveaux contrats d’assurance-vie, l’euro-croissance et le contrat « succession ». Le premier est destiné à orienter l’épargne vers les entreprises, le second à favoriser le financement du logement, de l’économie sociale et solidaire, les PME ou les entreprises de taille intermédiaire.

L’euro-croissance est un contrat multisupports avec un fonds euros dont la garantie en capital s’exprimera à terme permettant une allocation plus dynamique et devant fournir un rendement supérieur.

 Pour inciter les épargnants à transférer l’épargne de leurs anciens contrats sur les nouveaux contrats euro-croissance, le Gouvernement octroie l’antériorité fiscale ; les nouveaux contrats bénéficieront de l’ancienneté des contrats classiques ouverts précédemment. Ainsi, un épargnant qui a ouvert son contrat il y a quatre ans et qui décide de le transférer sur un nouveau contrat euro-croissance, n’aura à attendre que quatre ans pour obtenir le meilleur régime fiscal en matière de prélèvement libératoire au titre de l’impôt sur le revenu et non huit.

Le contrat « succession » est un contrat en unités de compte sans garantie en capital. Pour favoriser son développement, le Gouvernement propose un abattement de 20 % sur les droits de succession, abattement qui sera imputé avant celui de 152 500 euros.

Malheureusement, le Gouvernement  a décidé de relever le taux d’imposition de 25 à 31, 5 % des droits de succession pour la fraction de la part taxable de chaque bénéficiaire excédant  902 838 euros.

Le CAC 40 a gagné sur la semaine 0,75 %, porté par les propos de la future responsable de la Fed, Janet Yellen. Devant le Sénat, elle a indiqué que la politique des injections de liquidité, même si elle n’était pas éternelle, devrait se poursuivre tant que le chômage restait à un haut niveau.

Le CAC 40 a terminé la semaine à 4 292 points. Le CAC a augmenté de 17,66 % depuis le début de l’année.
Les autres grandes places mondiales ont également enregistré de très bons résultats. Francfort a atteint un nouveau record à 9.168,69. Il en est de même avec Wall Street. Le Dow Jones s’élève à plus de 15900 points et le Nasdaq est proche des 4000 points.

France, toujours au cœur du typhon

La croissance française a été aux abonnées absentes au 3ème trimestre avec un recul du PIB de 0,1 %. La zone euro a connu une toute petite croissance de 0,1 % ; l’Allemagne faisant +0,3 %.
Si un rapport de l’OCDE a souligné que la France devait faire face à une inquiétante perte de compétitivité, la Commission européenne a validé le projet de budget 2014 malgré un déficit de 3,6 % du PIB. La Commission n’a certainement pas voulu ouvrir un front avec le deuxième pays de l’Union européenne à quelques mois des élections européennes du mois de juin 2014. En outre, une mise sous pression de la France sous la forme d’une critique du budget aurait généré des turbulences financières assez dangereuses. De ce fait, le verdict de la Commission est assez logique.
Pour la fin d’année, un léger mieux conjoncturel est attendu avec une croissance devant se situer entre 0,2 et 0,3 % en ce qui concerne le dernier trimestre. Pour 2014, une légère reprise devrait intervenir avec une croissance pouvant se situer entre 0,7 et 0,9 % ce qui sera insuffisant pour permettre un reflux réel et non administré du chômage.

L’Allemagne seule face aux autres

L’Allemagne, toujours dans l’attente de son nouveau Gouvernement doit faire face à la montée des critiques extérieures.

Les Etats-Unis ont dès le mois d’octobre dénoncé « le rythme anémique de la croissance de la demande intérieure » en Allemagne et la dépendance du pays vis à-vis des exportations.
 Le FMI, à travers son premier directeur général adjoint, David Lipton, en visite à Berlin avait demandé à l’Allemagne de se fixer un objectif de réduction de son excédent courant.
 Cette semaine, ce fut le tour de la Commission européenne d’annoncer le lancement d’une « enquête approfondie » sur les excédents courants allemands afin de déterminer s’ils constituent un déséquilibre structurel.

 Cette enquête fait partie des prérogatives européennes, fixées dans le cadre du « Six-Pack » et pourrait déboucher sur une procédure pour « excédent excessif » nécessitant l’adoption de mesures correctrices, consistant par exemple à stimuler la demande intérieure. Pour Berlin, la bonne santé de l’économie allemande exprime avant tout la compétitivité de l’outil productif, les excédents courants n’étant qu’une conséquence. Somme toute, ce n’est qu’à la fin du Semestre européen, fin juin de l’année prochaine, et à l’issue de larges discussions que Bruxelles adoptera éventuellement une procédure à l’encontre de l’Allemagne.

A suivre…

La semaine prochaine sera plus pauvre en annonce économique en particulier en ce qui concerne la France. A noter, lundi, un sommet franco-italien où la France essaiera de jouer l’axe Paris-Rome face à Berlin.

Lundi 18 novembre

Anniversaire de l’auteur de ce papier,

Mardi 19 novembre, à Bruxelles, sera publié le résultat pour le mois d’octobre des immatriculations automobiles en Europe.

Mercredi 20 octobre, à Washington sera publié le Compte-rendu du FOMC des 29-30 octobre derniers.
Toujours aux Etats-Unis, seront connues les ventes de détail pour le mois d’octobre avec un recul attendu de 0,1% m/m, généré par un repli des ventes d'automobiles et de carburants. Hors ces deux éléments (ainsi que les matériaux de construction), les ventes auront ralenti en octobre, à +0,2%.
Toujours pour les Etats-Unis sera communiqué le résultat de l’inflation du mois d’octobre. Une nouvelle décélération de l'inflation est attendue en octobre, avec un glissement annuel des prix à la consommation limité à 1%. L'indice sous-jacent garderait une tendance stable mais faible à +1,7%.
Au Japon, sera publié le résultat du commerce international pour octobre. Les exportations devraient remonter en octobre soutenues par le renforcement du cycle manufacturier mondial. En raison d’une correction à la baisse des importations après les gains de septembre, le déficit commercial (cvs) pourrait avoir diminué.

Jeudi 21 novembre 2013

Pour la zone euro seront rendues publiques les enquêtes PMI de novembre. En octobre, le rythme de la reprise s’est modéré, l’indice PMI composite d’activité s’inscrivant en baisse de 0,3 point à 51,9. Une stabilisation est possible en novembre. L’indice demeurerait cohérent avec une croissance du PIB de l’ordre de 0,2 à 0,3% t/t au T4.
Une réunion de la BCE est prévue le 21 novembre mais aucune décision n’est attendue.

Vendredi 22 novembre, pour l’Allemagne, le résultat affiné du PIB pour le 3ème trimestre sera 
communiqué. La première estimation est ressortie à 0,3 % 
Toujours en Allemagne, sera communiquée l’enquête IFO de novembre. Pour octobre, l'enquête IFO a légèrement baissé pour la première fois en six mois. En novembre, elle devrait avoir effacé ce repli, confirmant qu'il s'agissait plus d'une pause dans l'amélioration que d'un retournement de tendance.

samedi 19 octobre 2013

La semaine économique et financière vue par l'oeil du Cercle

Le coin des épargnants

 La semaine aura été rythmée par les atermoiements des Etats-Unis. La bourse de Paris a été rassurée par l’accord obtenu à l’arraché et qui soumis néanmoins à clause de revoyure. La bourse de Paris a augmenté de 1,7 % sur la semaine et a terminé à 4286 points. Depuis le 1er janvier, la hausse atteint plus de 17 %.

 Etats-Unis, soulagement mais de courte durée

 Les Etats-Unis ont évité la banqueroute avec l’élaboration d’un accord entre démocrates et républicains. 

Ces derniers apparaissent comme les perdants de ce bras de fer digne d’une tragédie antique. L’économie américaine mais aussi l’économie mondiale ont été pris en otage par un Congrès dont les membres sont en campagne électorale. Les Républicains sortent de la crise affaiblie. En effet, ils ont dû reculer face à la volonté farouche du Président de maintenir en état sa loi sur l’assurance-maladie. L’opinion publiques s’est plutôt rangée du côté du Président qui était pour en difficulté dans les sondages. Sa fermeté a été louée et a effacé sa faiblesse constatée lors de la crise syrienne.  

 Après 16 jours de joutes et de discussions feutrées, le Congrès a adopté un accord permettant la « réouverture » de l’administration fédérale américaine. Il a également décidé de suspendre la validité du plafond de la dette fédérale. La dotation budgétaire provisoire (continuing resolution) garantit le bon fonctionnement de l’Etat fédéral jusqu’à la mi-janvier, tandis que la question du plafond de la dette est repoussée jusqu’au début du mois de février. La paix est retrouvée mais est temporaire.

 Avec l’adoption de cet accord, les fonctionnaires peuvent retrouver leur travail et leur traitement. Il est prévu que les Etats qui ont financé certaines activités assumées normalement par l’Etat fédéral seront remboursés. Néanmoins, la loi prévoit que le financement des activités de l’Etat fédéral expire le 15 janvier 2014 et que la validité du plafond de la dette ne sera en vigueur que jusqu’au 7 février 2014. Par ailleurs, au début de 2014, les Etats-Unis devront subir l’application de la deuxième tranche de la réduction des dépenses discrétionnaires fédérales. Le débat promet d’être animé. Les démocrates souhaitent abroger ces réductions des dépenses automatiques. Certains républicains, notamment les élus des Etats et districts accueillant d’importantes bases militaires ou des industries privées travaillant pour le ministère de la Défense souhaitent également des modifications.

 La France à la recherche d’une ligne fiscale

 La discussion du projet de loi de finances pour 2014 donne lieu à de nombreuses têtes à queues fiscales. Après les errements sur l’excédent brut d’exploitation, c’est au tour de la TVA de faire les frais d’une majorité un peu nerveuse à l’approche des élections municipales.

  Allemagne, le retour de la grande coalition

 Sans trop de surprise, l’Allemagne sera dirigée par une grande coalition CDU-CSU et SPD pour les prochaines années. Pour des Français, c’est difficilement compréhensible que le parti ayant gagné de loin les élections doivent composer pas à pas avec celui qui a été battu. Un contrat sera dans les prochaines semaines élaboré. Il prévoira les mesures que la nouvelle majorité s’engage à prendre, les limites à ne pas dépasser de la part des partenaires membres de la coalition. Il s’agit d’un véritable contrat de mariage entre deux partenaires qui n’avaient pas l’intention au départ de s’accoupler. Deux tiers des Allemands souhaitent la constitution de cette grande coalition. Le problème, ce sont les désirs du SPD qui veut l’instauration d’un salaire minimum et le poste de ministre des finances tenu par Schaüble. Si ce dernier est très populaire dans l’opinion, en revanche, sa rivalité avec la Chancelière est forte. Elle pourrait se servir de l’exigence du SPD pour s’en débarrasser même si son âge n’en fait plus un concurrent au sein de la CDU.

 Royaume-Uni, l’exemple américain de l’Europe

 Le Royaume-Uni en étant pas membre de la zone euro a fait le pari de l’injection de liquidités monétaires assortis d’un programme favorable à l’entreprise pour sortir de l’ornière de la récession. Ce pari semble pour le moment gagnant avec un redémarrage certain de l’économie britannique.

 L’Italie, la réforme malgré les soubresauts politiques

 Conformément au « Two-Pack » prévu dans le cadre du traité budgétaire européen, le gouvernement Letta a présenté cette semaine sa loi de finances 2014 qui couvre les trois prochaines années. Le projet de loi comporte un dispositif visant à la fois à consolider les finances publiques et à promouvoir la croissance. Le gouvernement a, notamment, adopté des mesures en faveur de l’emploi.

 L’Italie souffre d’un faible taux d’emploi en particulier en ce qui concerne la population féminine. A 55,7 %, le taux d’emploi est l’un des moins élevés de la zone euro. Seules la Grèce et l’Espagne enregistrent de plus mauvais résultats. En 2012, le gouvernement Monti avait pris des mesures pour répondre à ces problèmes. Les procédures d’embauche ou encore de rupture de contrat de travail ont été simplifiées, les contrats à durée indéterminée ont été encouragés au détriment des CDD.

 Pour les prochaines années, le gouvernement a décidé de réduire la fiscalité sur le travail qui est supérieure de 4 points de PIB environ à la moyenne de la zone euro. L’allègement porte sur 10,6 milliards d’euros sur les trois prochaines années.

Du fait de la nécessité de réduire le poids de la dette, l’Italie n’a pas une grande marge de manœuvre. Le ratio de la dette est supérieur à 130 % du PIB et les paiements d’intérêts représentent 5 % du PIB, contre 3 % en moyenne dans la zone euro.

 Le Gouvernement a également prévu de réaliser 16 milliards d’euros d’économies sur trois ans. Le gouvernement a également décidé de créer un nouvel impôt destiné à remplacer la taxe immobilière sur la résidence principale, la vente de biens publics et la réduction des dépenses courantes. Le projet de loi prévoit un gel des salaires dans la  fonction publique pour l’année prochaine, le blocage de l’indexation des pensions au-delà de 3 000 euros par mois et une contribution sociale pour les retraites supérieures à 100 000 euros par an. Face à ce nouveau plan, des manifestations sont prévues dans les prochains jours et les syndicats menacent de faire grève.

  A venir…

  Lundi 21 octobre, il faudra suivre les résultats de la balance commerciale du mois de septembre au Japon. Sera également communiqué les prix de la production allemande de septembre

 Toujours lundi, il faudra regarder aux Etats-Unis les résultats des reventes de logements du mois de septembre. Le taux de chômage devrait rester à 7,3 %.

 Mardi sera consacré au rapport de l’emploi des Etats-Unis pour le mois de septembre. Ces résultats ne seront pas par définition impactés par le shutdown. Une amélioration est attendue.

 Mercredi, l’indice de confiance du consommateur zone euro du mois octobre sera rendu public. L’indice du climat des affaires français sera également communiqué. Une progression est attendue mais moins forte qu’en août. Il est possible également que les services souffrent en particulier dans le secteur touristique.

 Jeudi, il sera intéressant de regarder l’indice PMI HSBC manufacturier flash du mois d’octobre en Chine ainsi que les indices PMI Markit flash allemands. De même seront rendus publics les indices PMI Markit zone euro flash pour octobre.

Jeudi et vendredi, l’actualité sera marquée par la réunion du Conseil européen 0 Bruxelles.
 Jeudi sera communiqué à Washington les inscriptions au chômage de semaine au 19 octobre. Sera également rendu public l’indice PMI Markit manufacturier flash du mois d’octobre

 Vendredi à Berlin, l’indice Ifo du climat des affaires du mois d’octobre sera publié. Il faudra également suivre l’évolution de la masse monétaire M3 et le crédit au privé zone euro du mois de septembre, informations données par la BCE.
A Londres, des informations sur le PIB au 3ème trimestre seront données. 

dimanche 6 octobre 2013

La semaine économique et financière vue par le Cercle

Le Coin des Epargnants

La bourse de Paris a souffert du shut down américain et des incertitudes liées au relèvement du plafond de dettes. Le CAC 40 a terminé la semaine à  4164 points en baisse de 0,54 % sur la semaine. Depuis le 1er janvier, la bourse de Paris est toujours en progression avec un gain de 14,37 %. Le statuquo de la BCE a profité aux valeurs bancaires qui sont à la hausse.

Retour sur la semaine passée

La France croit au père Noël en octobre

Le Gouvernement a présenté de belles prévisions à la Commission européenne avec à la clef le retour avant quatre ans d’un taux de croissance à 2 % et d’une réduction du déficit public. Certes, quelques indicateurs sont orientés à la hausse et témoignent d’une restauration légère et fragile de la confiance. Néanmoins, l’investissement reste en panne. Les chiffres du chômage avec la correction téléphonique post publication traduisent bien que l’économie est loin d’être créatrice nette d’emplois.

L’Allemagne attend toujours sa chancelière

Les négociations en Allemagne pour la constitution de la nouvelle majorité seront longues du fait que le résultat des élections n’incite pas les différents partis à accepter des concessions. Le SPD battu ne veut pas être un faire-valoir et la CDU n’entend pas se faire voler sa victoire. Il ne fait pas négliger la piste avec les Grünen qui pourraient à la Chancelière de ne pas passer sous le diktat du SPD.

Autriche, une reconduction amère

La coalition entre socio-démocrate et conservateurs a été reconduite de justesse dimanche 29 septembre. Cette victoire intervient après celle d’Angela Merkel et marque le succès du pouvoir en place qui a joué l’arrimage avec l’Allemagne.

Cette victoire est un gage de continuité économique et financière. La reprise économique en cours  devrait être progressive d’ici à la fin de l’année, l’Autriche tirant parti du redémarrage de son voisin allemand.

Néanmoins la victoire a été courte pour l’alliance SPÖ – ÖVP qui domine le pouvoir autrichien pendant quarante ans ne perde la majorité absolue au Nationalrat, la chambre basse de l’assemblée fédérale.

Les sociaux-démocrates du SPÖ et leurs alliés conservateurs du parti populaire ÖVP ont obtenu 50,9% des voix, enregistrant leur plus mauvais score depuis la Seconde Guerre mondiale (à comparer avec 55,3% en 2008, 78,8% en 2002 ; près de 90% dans les années 1980).

Malgré de bonnes performances économiques et le taux de chômage, le plus faible d’Europe, les scandales financiers et les querelles intestines à répétition ont, en effet, terni la réputation de la coalition au cours des derniers mois et fait le lit de l’extrême droite (le parti de la Liberté, FPÖ, eurosceptique et nationaliste a remporté 21,4% des voix (comparé à 17,5% en 2008).

Par ailleurs, le parti libéral NEOS a fait son entrée au parlement, en franchissant la barre des 4% (4,8%). Avec 99 sièges sur 183 au total, la coalition gouvernementale dispose de la majorité absolue.

Etats-Unis, shutdown ou burn out au Congrès

Depuis le début du second mandat de Barack Obama, la perspective d’un shutdown était avancée par de nombreux experts. La question du relèvement du plafond de la dette et l’application de l’Obama care pollue depuis trop longtemps la vie politique américaine qui depuis vingt ans tend à se radicaliser. A un an des élections au Congrès, les Républicains ne veulent pas lâcher face à un Président dont la popularité est en berne. Ce dernier ne peut pas abdiquer faute de quoi la fin de son mandat sera un cauchemar.

Que la première puissance économique mondiale soit contrainte de mettre en sommeil une partie de ses administrations publiques n’est pas anodin et n’est pas sans conséquences. Il est admis qu’une semaine de shutdown coûterait 0,15 point de pourcentage de croissance (annualisée) à l’économie américaine. Certains coûts sont directs et non récupérable. La région de Washington D.C. sera particulièrement touchée. La consommation des fonctionnaires fédéraux ne peut pas ne pas être affectée, même si leur perte de revenus sera partiellement compensée par l’indemnisation du chômage.

Les fonctionnaires ont déjà dû supporter les effets des réductions budgétaires et notamment le gel de leur rémunération depuis 3 ans. Le plus grave pourrait survenir si aucun accord n’intervient avant la mi-octobre ou autour du 20 octobre, un risque de cessation de paiement peut survenir. L’impact de cette nouvelle serait mondial. En premier lieu, l’économie américaine connaîtrait à nouveau la récession avec une détérioration  durable de la signature américaine.

A suivre

Mardi 8 octobre, au Japon, sera publiée l’enquête auprès des observateurs de l'économie du mois de septembre. La hausse de la TVA pourrait impacter la consommation. Il faudra également regarder les résultats de la balance commerciale allemande du mois d’août même si ce n’est pas le mois le plus significatif.

Mercredi, il faudra aux Etats-Unis, suivre les minutes du FOMC de la FED. Mais, ces minutes concerne la réunion d’avant la fermeture des administrations et devraient d’être d’un intérêt limité. Toujours aux Etats-Unis, il conviendra de surveiller le rapport du FMI sur la situation économique mondiale.

Toujours Mercredi, au Royaume-Uni, il faudra suivre les résultats de la production industrielle du mois d’août qui devrait être en hausse. Il faudra également suivre cette statistique en Allemagne.

Jeudi, les résultats des commandes de machines du mois d’août au Japon seront connus avec une possible hausse. Au Royaume-Uni il faudra suivre la réunion du BoE.

Jeudi et vendredi se réuniront les Ministre de l’Economie et des Finances du G 20.

Jeudi, en France, sera communiquée la production industrielle pour le mois d’août. Après trois mois en forte baisse, la production est à même d'enregistrer un rebond technique en août. Et à en croire l'amélioration des perspectives personnelles de production dans l'enquête INSEE sur le climat des affaires, ce rebond pourrait être conséquent.

samedi 28 septembre 2013

La semaine économique et financière vue par le Cercle

Le coin des épargnants, une semaine pour rien

La Bourse de Paris a mis fin à deux semaines de hausse en perdant 0,40 %. Mais depuis le début de l’année, la hausse est toujours de 15 %. Le répit de cette semaine s’explique par des prises de bénéfices et est également provoqué par les incertitudes sur les Etats-Unis. Si d’ici le 30 septembre les parlementaires américains ne parviennent pas à s’accorder pour rehausser le montant maximal de la dette, le gouvernement devra procéder à des coupes budgétaires automatiques. L’hypothèse d’un blocage budgétaire pèse sur les marchés.

Par ailleurs, en reportant la décrue des injections de liquidités, la Fed a ainsi «installé une incertitude et a porté atteinte à sa crédibilité.

Cela, c’est passé cette semaine

Finances publiques, de la valeur relative de la pause

Le Gouvernement a présenté le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2014. Le déficit public devrait être ramené de 4,1 à 3,6 % du PIB avec à la clef une moindre progression des dépenses de 15 milliards d’euros, des prélèvements obligatoires au sommet à 46,1 % du PIB et une dette publique battant tous ses records à plus de 95 %. Malgré la pause fiscale annoncée, les prélèvements obligatoires restent orientés à la hausse avec une série d’augmentation qui frappe l’épargne, le travail, la consommation et l’immobilier avec les droits de mutation. La taxation des supports UC des contrats d'assurance-vie seront aux prélèvements sociaux au fil de l'eau et non plus au moment du rachat.

Economie française, entre deux eaux

La consommation a reculé de 0,4 % au mois d’août mais la confiance des ménages et des affaires s’améliore. Le chômage a diminué de 50 000 grâce aux radiations estivales. Il est difficile, en cette fin de mois de septembre, de se faire une idée réelle de la reprise. Au niveau touristique, la saison a été moyenne avec un début difficile mais un mois de septembre a priori correct. L’augmentation de la pression fiscale joue un effet délétère en matière d’investissement du fait de l’absence de visibilité et de marges faibles.

L’Allemagne, une belle victoire qui peut déboucher sur une longue attente

Les résultats des élections du 22 septembre ont donné à l’Union chrétienne démocrate, le parti d’Angela Merkel, son meilleur score depuis plus de vingt ans (41,5%). En revanche, son allié libéral a disparu du Bundestag, une première depuis 1949, avec un score inférieur à la barre des 5% (4,8%). DE ce fait, il manque 5 voix à la CDU-CSU pour obtenir la majorité absolue des sièges (311 sur 630). Le SPD remporte quant à lui 25,6% des voix, un score en hausse de 3 points par rapport à 2009. Le parti de gauche, Die Linke 8,6% et les Verts 8,4%. A eux trois, les partis de gauche disposent de 319 sièges. Le parti eurosceptique, Alternative für Deutschland, obtient 4,9% des voix et ne peut pas arriver au Bundestag.

Du fait de l’absence de majorité absolue, Angela Merkel, dont le parti obtient le plus de sièges au Bundestag, doit chercher à constituer une coalition. L’obtention d’un accord sur un « contrat de coalition » pourrait durer plusieurs semaines. La durée moyenne pour une fonder une « grande coalition » est de 37 jours. Les plus longues (en 1976 entre le SPD et le FDP) ont duré 73 jours. En 2005 (entre la CDU-CSU et le SPD), elles avaient duré 65 jours.

Le calendrier est le suivant : le Bundestag se réunira une première fois avant le 22 octobre pour désigner son président. Toutes les options sont ouvertes, certaines plus réalistes que d’autres. Dans l’hypothèse d’un échec des négociations, la Chancelière pourrait être conduite à organiser de nouvelles élections, et tenter d’obtenir la majorité absolue seule ou avec le FDP. S’il y a échec des tractations, la Chancelière peut aussi décider de former un gouvernement minoritaire CDU-CSU. Toutefois, il est probable, dans ce cas, que le SPD durcisse sa position au Bundestag comme au Bundesrat où il est déjà majoritaire et bloque quasi systématiquement le travail législatif. Enfin, toujours dans le cas d’un échec des négociations, une autre option consiste pour les partis de gauche à former un gouvernement majoritaire reposant sur une alliance SPD / Die Linke / Les Verts. Ce serait un séisme permettant aux perdants de prendre le pouvoir.

Toutefois, les divergences entre les trois partis sont telles que ce scénario paraît peu probable. De ce fait, l’option la plus probable est la constitution d’une « grande coalition » entre la CDU et le SPD.

Du fait de sa victoire, Angela Mekel devrait pouvoir appliquer une grande partie son programme. Néanmoins, des concessions devront être faites au profit du SPD.

Des augmentations de pouvoir d’achat sont attendues. Selon certaines estimations, elles pourraient atteindre environ 1% du PIB, soit plus de 28 milliards d’euros. Devraient intervenir une revalorisation de certaines prestations familiales (EUR 7,5 mds pour les allocations familiales qui seraient augmentées de EUR 35 par mois), un plafonnement des loyers au moment du renouvellement du bail dans les villes où le marché immobilier est tendu, l’introduction d’un salaire minimum (à l’échelle fédérale pour le SPD vs. négocié entre partenaires sociaux.

Une réforme du mode de calcul de l'impôt sur le revenu est attendue afin de favoriser les familles avec enfants. Par ailleurs, l’Etat fédéral devrait dépenser au moins EUR 25 milliards supplémentaires dans un vaste programme d’infrastructures routières et technologiques, étalé sur quatre ans et bienvenu après les inondations du printemps dernier et compte tenu de l’obsolescence du réseau de communication. Sur chacun de ces points de la plateforme de la CDU-CSU, le SPD pourrait apporter son soutien, sans trop de difficultés. D’autres propositions de la CDU, comme la revalorisation des retraites des mères de famille, sont plus controversées.

En matière européenne, la continuité devrait être de rigueur. En dépit des divergences affichées pendant la campagne, le SPD a voté en faveur des décisions prises par Angela Merkel dans la gestion de la crise au sein de l’Union monétaire. En outre, l’opinion s'oppose majoritairement à de nouveaux transferts de compétences vers Bruxelles et est hostile à l’idée d’une mutualisation des dettes.

Etats-Unis, le retour du plafond de la dette

Depuis 2011, les Etats-Unis vivent au rythme du relèvement du plafond de la dette publique. Les parlementaires n’arrivant pas à s’accorder sur une alternative aux coupes automatiques (sequestration). A compter du 1er octobre, les finances publiques seront à nouveau l’otage des divisions du Congrès. Un blocage est probable du fait de la volonté de Barak Obama de ne pas céder sur la question de l’assurance-maladie que les Républicains veulent mettre à mal en retardant l’application de la loi d’Obama. Un refus de relever le plafond de dette ne mettrait pas les Etats-Unis en situation de défaut, les investisseurs pouvant reconduire les titres venant à expiration ; en revanche, les dépenses publiques devraient être couvertes par les recettes ce qui signifierait une réduction du déficit à zéro soit un effort de plus de 2,5 % du PIB. En termes de croissance, en cas d’absence de résolution de la crise à moyen terme, les Etats-Unis plongeraient en récession ce qui fragiliserait l’Europe par voie de conséquence.

Italie, Berlusconi n’en finit pas de faire ses adieux

En Italie, Silvio Berlusconi pourrait être exclu par le Sénat du Parlement . Une telle décision pourrait déboucher sur une crise politique avec à la clef des tensions sur les taux.

Cela se passera la semaine prochaine

Lundi 30 Septembre, au Japon, sera annoncée la production industrielle du mois d’août.

Pour la zone euro sera connue l’estimation du taux d’inflation qui a diminué à 1,3% en août, après 1,6% en juillet. Elle pourrait descendre à 1,2% en septembre et rester faible au cours des mois à venir.

Pour le premier jour d’octobre, il faudra suivre aux Etats-Unis, la publication de l’indice ISM manufacturier de septembre. Les enquêtes régionales indiquent non pas un tassement mais une nouvelle amélioration de la confiance. L'indice (national) de l'ISM pourrait ainsi atteindre 56,5, se rapprochant de ses précédents points hauts du début 2011. Au Japon, il faudra regarder l’enquête Tankan de septembre avec une possible amélioration de la confiance des entreprises. Toujours au Japon, il faudra regarder l’enquête sur les revenus et les dépenses des ménages du mois d’août ainsi que le rapport sur l’emploi. Le taux de chômage devrait rester à 3,8%.

Au Royaume-Uni, sera publié l’indice PMI manufacturier de septembre.

Mercredi, il faudra suivre la réunion de la BCE avec un statuquo en perspective.

Jeudi, il faudra regarder au Royaume-Uni le PMI services de septembre. L’activité dans les services avait légèrement accéléré en août. L’indice CIPS d’activité, qui se situe à un niveau particulièrement élevé (à 60,5, après 60,2 en juillet), pourrait subir une légère correction en septembre.

Vendredi, aux Etats-Unis, il faudra analyser le rapport emploi de septembre. Le taux de chômage devrait rester à 7,3 %.