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mardi 23 décembre 2014

Quand la décollecte du Livret A devient la norme




Quand la décollecte devient la norme
par Philippe Crevel


Pour le septième mois consécutif, le Livret A a connu, au mois de novembre, une décollecte qui a atteint 1,25 milliard d’euros (1,63 avec le Livret de Développement Durable). Depuis le début de l’année, la décollecte s’élève donc à 5,84 milliards d’euros (6,23 avec le LDD). L’encours du Livret A passe ainsi de 261,6 à 260,3 milliards d’euros.

Novembre réussit rarement au Livret A. Sur ces dix dernières années, à six reprises, le mois de novembre s’est soldé par des retraits supérieurs aux versements.

Le faible rendement, le paiement des impôts locaux et la préparation des fêtes de Noël sont autant d’explications à cette décollecte.

Le Livret A a été victime du regain de la consommation de 0,4 % au mois de novembre. Le Livret A et le LDD sont, en effet, devenus les antichambres du compte courant ; les Français puisent dans ces enveloppes pour financer les dépenses incontournables (impôts, logement…) et pour financer les petits extras de fin d’année.

Par ailleurs, Internet contribue à rendre l’épargne plus mobile et liquide, les ménages pouvant transférer en ligne l’argent de leurs livrets sur leurs comptes courants de manière très simple et instantanée.

Le taux du Livret A peut-il encore baisser ?

Avec une inflation au plus bas, 0,3 % au mois de novembre, le Gouvernement n’échappera pas à la question de la révision du taux qui est censée intervenir au 1er février 2015. En application de la formule en vigueur, ce taux pourrait être fixé à 0,75 % ce qui constituerait un nouveau plus bas historique.

La diminution du taux réduirait les coûts de la transformation de la ressource par la Caisse des Dépôts et réduirait ainsi ceux supportés par le logement social dans le cadre de ses emprunts. Une baisse du taux favoriserait également le crédit aux entreprises car une partie des ressources collectées par le Livret A et le LDD est réinjectée sous forme de prêts aux PME.

Une baisse se justifierait également pour maintenir un écart raisonnable entre taux courts et taux longs d’autant plus que le Gouverneur de la Banque de France a, à ce titre, demandé aux compagnies d’assurance de diminuer le rendement des fonds euros autour de 2,2 %.

Le Gouvernement pourrait être également tenté d’abaisser le taux du Livret A afin d’encourager les Français à retrouver les chemins de la consommation. Néanmoins, les liens entre taux de l’épargne défiscalisée et consommation sont ténus. Les Français ont, ces dernières années, eu tendance à accroître leurs liquidités sur leurs comptes courants.

En revanche, politiquement, la baisse du taux du Livret A est une affaire délicate au plus haut point d’autant plus que se profilent de difficiles élections locales, notamment, les départementales en mars 2015. Dans ces conditions, il est probable que le Gouvernement essaye de maintenir le taux du Livret A à 1 %.


lundi 23 décembre 2013

Décollecte du Livret A et du LDD en novembre, un troisième mois de chute

Le Livret A  et le LDD pâtissent du taux  à 1,25 %et de la volonté des Français de maintenir leur niveau de consommation

 Le mouvement de décollecte du Livret A et du Livret de Développement Durable se poursuit au mois de novembre avec -1,06 milliard contre -1,54 milliard d’euros au mois d’octobre et -2,08 milliards d’euros au mois de septembre. Il s’agit du troisième mois consécutif de décollecte.

 En trois mois, la décollecte a atteint près de 5 milliards d’euros (4,68 milliards d’euros).
 Pour le seul Livret A, la décollecte est de 0,8 milliard d’euros contre 1,44 milliard d’euros au mois d’octobre et 1,56 milliard d’euros au mois de septembre. Pour le Livret de Développement Durable, la décollecte est 0,3 milliard d’euros.

 Il n’en demeure pas moins que la collecte reste positive de 18,37 milliards d’euros sur les 11 premiers mois, faisant de l’année 2013 un bon cru pour l’épargne défiscalisée.

 L’encours des deux livrets est de 361 milliards d’euros dont 262 au titre du Livret A et 99 au titre du LDD.

 Le Livret A victime de l’effet taux

 La décollecte s’explique, en grande partie, par un effet taux. La baisse du taux du Livret A à 1,25 % au mois d’août a créé une rupture dans la collecte  Il faut souligner qu’un tel mouvement de décollecte avait été enregistré durant l’année 2009 où justement le taux était tombé à 1,25 %.

 En contrepartie, les ménages laissent un peu plus d’argent sur les comptes courants comme en témoignent les résultats du mois d’octobre (+ 3,5 % pour les dépôts à vue). Les dépôts à vue des ménages atteignent 292 milliards d’euros (niveau le plus élevé de ces vingt dernières années : 4ème mois le plus haut après juillet 2013, juillet 2012 et août 2013) En revanche, les dépôts à terme suivent la même tendance que les livrets défiscalisés.

 Le Livret A victime de l’effet consommation

 L’autre explication de ce mouvement de décollecte est la nécessité pour les ménages de puiser dans leur épargne pour maintenir leur niveau de consommation. En 2012, les ménages avaient face au ralentissement économique et la progression du chômage fortement gonflé leur enveloppe d’épargne de précaution, + 50 milliards d’euros pour le Livret A et le LDD, aidés en cela par le relèvement des plafonds de des deux produits. En 2013, il y a un phénomène naturel de correction. La légère amélioration du moral des Français explique également la réduction de l’effort vis-à-vis de l’épargne de précaution.

 Avantage de la décollecte, le taux du Livret A ne devrait pas baisser au mois de février

 Cette décollecte sert les intérêts du Gouvernement qui tente par tous les moyens de relancer la consommation. L’échec relatif du déblocage de l’épargne salariale(environ 2 milliards d’euros débloqués) est, en partie, compensé par ce mouvement de sortie de l’épargne de précaution du Livret A et du LDD.
 Ce mouvement de décollecte qui ne remet pas en cause les grands équilibres de l’épargne défiscalisée dont la collecte depuis le début de l’année reste positive de plus de 18 milliards d’euros devrait, en revanche, conduire le Gouvernement à ne pas modifier son taux de rendement au 1er février prochain même si la baisse du taux d’inflation le lui autorise. En effet, avec une inflation à 0,7 %, le taux du Livret A devrait être logiquement ramené à 1 % contre 1,25 % aujourd’hui. La proximité des élections municipales du mois devrait inciter le Gouvernement à attendre le mois d’août pour ajuster éventuellement le taux du Livret A. Il faut signaler que le taux de 1,25 % est le plus bas de ces cinquante dernières années. Par ailleurs, avec le relèvement de la TVA au 1er janvier, une légère remontée de l’inflation est attendue sur le premier trimestre pouvant conduire à un report de l’ajustement du taux du Livret A (effet attendu sur les prix de l’ordre de 0,2 point). La légère reprise qui se dessine en zone euro pourrait également aboutir à une augmentation des prix de l’énergie (effet de 0,1 à 0,2 point sur le taux d’inflation).  

mercredi 23 octobre 2013

Le pourquoi de la décollecte du Livret A au mois de septembre


Philippe Crevel, Secrétaire Général du Cercle des Epargnants, a été interviewé pour le journal télévisé de 13H de France 2 sur le fait que pour la première fois depuis 2 ans, les retraits du Livret A ont été supérieurs aux dépôts au mois de septembre.

Voir l'interview sur le JT de France 2 (2'50)

mardi 22 octobre 2013

Pas d'été indien pour le livret A : les Français piochent dans leur épargne !

Les Français ont retiré de leur Livret A et de leur Livret de Développement durable, au mois de septembre, 2,08 milliards d’euros dont 1,56 au titre du seul Livret A. Le LDD enregistre une décollecte de 520 millions d’euros. Cette décollecte marque une réelle rupture. Il faut revenir à octobre / novembre 2010 pour enregistrer une décollecte sur ces produits.

Ce résultat n’est étonnant que par son ampleur. En effet, de mois en mois, la collecte diminuait. Elle n’était que de 260 millions au mois dernier et de 50 millions pour le seul Livret A.

Le fort recul du mois de septembre s’explique par la diminution du taux qui est passé de 1,75 à 1,25 % au 1er août et par le contexte économique et financier.

Avec la baisse du rendement de l’épargne réglementée, les ménages ayant des disponibilités ne voient plus l’intérêt de les placer sur un Livret A. Ils préfèrent les laisser sur leurs comptes courants. Par ailleurs, de nombreux ménages pour faire face aux dépenses liées à la rentrée et aux impôts ont du puiser dans leur épargne de court terme. Le fort niveau de chômage, la stagnation des salaires ont accentué ce phénomène. Les ménages sont contraints de réduire leur effort d’épargne voire désormais de puiser dans leurs réserves. Le Gouvernement pourra toujours se réjouir que pour le moment les ménages tentent de maintenir leur niveau de consommation coûte que coûte.

Il n’en demeure pas moins que depuis le début de l’année, la collecte reste positive à hauteur de 21 milliards d’euros pour le Livret A et le LDD dont 14 milliards d’euros pour le Livret A. L’encours de ces deux produits atteint 363,6 milliards d’euros en recul de 2 milliards d’euros par rapport au mois d’août.