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jeudi 14 août 2014

Déprime sur toute la ligne

Personne n’attendait de miracle pour la croissance française du deuxième trimestre. La croissance nulle est conforme aux prévisions de nombreux experts. La surprise est venue de l’Allemagne dont le PIB a reculé de 0,2 %. Parmi les grands Etats de la zone euro, seule l’Espagne tire son épingle du jeu avec une croissance de 0,6 %, l’Italie ayant enregistré une contraction de 0,2 %.

La France engluée dans la stagnation

Au deuxième trimestre, le PIB est resté, comme au premier trimestre, stable en volume. Compte tenu de l’augmentation de la population, le PIB par habitant recule traduisant un appauvrissement des Français.
Au deuxième trimestre, le mal est venu de l’investissement et non de la consommation. Cette dernière s’est reprise avec une augmentation de 0,5 % contre une diminution de 0,5 % au premier trimestre.
L’investissement (la formation brute de capital fixe, FBCF) continue de diminuer ce qui est très inquiétant pour l’avenir. La FCBF s’est contractée de 1,1 % après un recul de 1,0 % au premier trimestre.
La demande intérieure finale progresse, de ce fait, faiblement et contribue à l’évolution du PIB pour +0,2 point.

Au niveau de ces échanges extérieurs, la France est toujours confrontée à des problèmes de compétitivité. En effet, si la croissance des importations s’est légèrement ralentie avec une hausse de 0,4 contre +0,6 % au premier trimestre, les exportations n’ont pas augmenté. De ce fait, le solde extérieur contribue négativement à l’évolution du PIB (–0,1 point), après une contribution neutre le trimestre précédent.

 De leur côté, les variations de stocks pèsent légèrement sur l’évolution de l’activité : –0,1 point après +0,5 point début 2014.

 Au deuxième trimestre, la production totale de biens et services est quasi stable avec un léger repli de 0,1 % contre une hausse de 0,2 % au trimestre précédent.

 La production de biens manufacturés a diminué de 1 %. Le secteur de la construction est particulièrement touché par la crise avec un recul de son activité de 1,5 % après une baisse de 1,6 % au premier trimestre.

 Le Gouvernement, face à ce résultat, a été amené à réviser à la baisse sa prévision de croissance en la ramenant de 1 à 0,5 %. Ce n’est pas une surprise. L’INSEE comme la Banque de France jugeaient irréalistes, depuis de nombreux mois, le taux de 1 %. En l’état actuel, en espérant une reprise au second semestre, le taux de 0,5 % peut être encore atteint.

 Moins de croissance pour 2014 signifie moins de recettes fiscales et donc plus de déficit. La dérive se situe autour de 5 milliards d’euros. Compte tenu des résultats budgétaires du premier semestre et de la croissance, le déficit public devrait se situer autour de 4,2 % en 2014.

 Pour 2015, la situation risque d’être assez complexe. Initialement, le Gouvernement avait prévu une croissance de 1,7 %. Or, au regard des résultats de 2014, elle aura du mal à atteindre 1 %. De ce fait, ce dernier a fait une croix sur le retour du déficit en-dessous de 3 %. L’effort en termes d’économies ou d’augmentations d’impôts occasionnerait une récession de -1 à – 2 % du PIB ce que le Gouvernement veut éviter à tout prix au risque de mettre la France en danger à moyen terme compte tenu de l’évolution de la dette publique.

 L’Allemagne n’échappe pas au marasme ambiant

 Les principaux clients européens de l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie, la France sont en récession ou encalminés dans une longue stagnation, les économies d’Asie doivent faire face à un ralentissement. Dans ces conditions, la croissance de l’Allemagne qui ne peut guère compter sur le dynamisme de son marché intérieur a connu un accès de faiblesse au deuxième trimestre avec un recul de 0,2 %. Cette contraction est essentiellement due aux exportations moins dynamiques que prévues et à l’investissement qui est en berne.

 Néanmoins, ce repli fait suite à une hausse de 0,7 % au premier trimestre. Le taux de chômage reste à un niveau historiquement faible à 6,7 %/. Enfin, le budget est à l’équilibre. Ce recul du PIB devrait, en revanche, attiré l’attention du Gouvernement sur le fait que l’Allemagne n’est pas une île.

 Quelles conséquences pour l’Union européenne ?

 La stagnation n’est pas une fatalité comme le prouve le Royaume-Uni avec une croissance qui pourrait atteindre cette année 3,5 %. De même la reprise espagnole démontre qu’un assainissement peut conduire à un rebond.

 Au sein de l’Europe, le débat risque d’être tendu dans les prochaines semaines. Le Gouvernement français a déjà commencé à demander un assouplissement des règles budgétaires afin d’éviter un approfondissement de la crise. Le Ministre de l’Economie, Michel Sapin, a souhaité l’engagement d’un plan de relance européen.

 Or, aujourd’hui, la zone euro est surtout confrontée à un sous-investissement chronique et à une dégradation de sa compétitivité. Si effort, il y a, il devrait être centré sur l’investissement.
 La question de la politique monétaire risque de se reposer. Au vu des résultats de l’économie américaine et de celle du Royaume-Uni, la politique de la Banque Centrale Européenne, peut apparaître trop timorée. 

Corsetée par son cadre réglementaire lui interdisant d’acheter des titres de dettes publiques sur le marché primaire, la BCE ne peut pas donner de l’oxygène aux économies européennes. Le recours à des outils non-conventionnels de manière plus massive s’impose. Il est fort à parier qu’au cours de la prochaine réunion de la BCE, de nouvelles mesures seront annoncées d’autant plus que l’Allemagne est désormais touchée par le ralentissement de la zone.
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